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Que symbolise le mois de Mai pour vous ?

1er Mai en Guadeloupe : entre dépôt de gerbes et célébration de la révolte des travailleurs

Depuis 1802, le mois de mai a toujours été l’occasion pour le peuple guadeloupéen de manifester sa résistance à l’oppression et à la domination coloniale. Le plus souvent, ces manifestations ont été réprimées dans le sang. Les évènements de mai 1967 à l’occasion et autour de la grève des ouvriers du bâtiment ont été marqués par un véritable massacre de la population par les forces de répression policières et militaires françaises.

Sur le plan syndical, depuis l’avènement de la Départementalisation et de l’Assimilation, le 1er mai, jour de célébration internationale de la lutte des travailleurs, avait perdu de sa signification. Les forces sociales sous tutelle des forces politiques (communistes) qui s’étaient battues pour l’Assimilation ont baissé pavillon à partir de la fin des années 50. Beaucoup de dirigeants syndicaux sont devenus des élus locaux de gauche et se sont « encaillés » dans la gestion de l’administration de base coloniale. Les revendications sociales ont embrassé la voie du compromis à tout prix. Les grands mouvements sociaux ont laissé place à une paix sociale à l’instar de l’alliance Capital / Travail imposée aux forces sociales au début du 20ème siècle par LEGITIMUS.

Le 1er mai était devenu une occasion pour les municipalités de gauche de faire un dépôt de gerbe, des allocutions et autres vins d’honneur le plus souvent à la gloire de la République (coloniale). Le contenu de révolte et de lutte avait complètement été mis au placard. Le 1er mai 1967, en marge du défilé organisé par la municipalité communiste de Capesterre Belle Eau avec les corps constitués et autres personnalités agglutinées derrière la bannière tricolore, s’est déroulée une autre manifestation fort différente.
Sous la houlette du G.O.N.G (Groupe d’Organisations Nationalistes de la Guadeloupe), une centaine de personnes en majorité des jeunes et des chômeurs ont défilé au bourg de Capesterre Belle Eau avec des drapeaux rouges, des banderoles et des pancartes dénonçant : le chômage, le bumidom, la répression coloniale…etc. Ce fût l’occasion de réhabiliter le 1er mai comme date de célébration de la Révolte des Travailleurs. A la suite de cette manifestation, d’importantes forces de répression ont quadrillé la ville et ont tenté en vain d’interpeler ceux qui avaient défilé.

Tirant leçon des évènements de mai 1967, un groupe de militants issus du G.O.N.G (dénommés « les démissionnaires ») a entrepris un long et patient travail de conscientisation et de mobilisation des travailleurs de la canne dans la région de Lamentin / Sainte-Rose. Ce travail donna naissance en décembre 1970 à l’UTA (Union des Travailleurs Agricoles), en 1972 à l’UPG (Union des paysans pauvres) , en 1973 à l’UGTG et à bien d’autres organisations qui constitueront au fil des ans l’étoffe du Mouvement Patriotique Guadeloupéen.
Les organisations syndicales de type nouveau ainsi créées et affranchies de toute tutelle coloniale seront à l’origine de tous les grands mouvements sociaux en Guadeloupe de 1971 à aujourd’hui.

Dès lors, outre le développement sans précédent de la conscience nationale et de l’identité guadeloupéenne, la célébration du 1er mai reprit son caractère combattif et toute sa signification internationaliste. Par effet d’entrainement, aujourd’hui la plus grande partie des organisations syndicales en Guadeloupe se sont appropriées le 1er mai et le fêtent conformément aux grandes traditions de lutte ouvrière, soit séparément soit de façon unitaire au gré des tactiques syndicales propres à chacune d’elles.

Au menu du mois de Mai
1er Mai Méli-mélo de « Fête du travail » assaisonée du sang de quelques anarchistes et de récupérations de toutes sorte
8 Mai Friture joyeuse de la victoire des alliés, accompagnée d’un glacis gaullien sur une collaboration à la mode de Vichy
11Mai Carpaccio d’une Pentecôte dont tout le monde a oublié la signification religieuse
10, 22, 27 Mai « Soupe à Congo » des Abolitions de l’esclavage et sa sauce aigre-douce de la commémoration nationale « de la délicate attention des abolitionnistes » faisandée par la mémoire des victimes
Mai 67 Tartare d’ouvriers-manifestants hachés menus par des képis rouges français
Mai 68 Pavés parisiens sur lit de grève générale et sa crème présidentielle renversée
Mai 1802 Richepance de brebris cuite à l’etoufée de Delgrès, Ignace et les autres et son beurre blanc napoléonien du rétablisement de l’esclavage.

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