Pour justifier la suppressions de pas moins de 11200 postes d’enseignants dans le second degrés, l’argument « massue » invoqué par le gouvernement est la diminution des effectifs d’élèves. Il y aura en effet 40 000 élèves en moins l’an prochain. Or, si l’on se base sur une moyenne de 28 élèves par classe (classes souvent surchargées à 38 voir 40 élèves en lycées) et sachant qu’il y a en France 191 834 classes, une simple division : 40 000 / 191 834, nous informe qu’il y aura, l’année prochaine, 0,20 élèves en moins par classe dans le secondaire. Sauf que lorsque le ministère supprime des postes de profs à l’échelle d’un lycée, c’est des classes entières qu’il élimine. Par conséquent, une classe qui perd 0,20 élèves peut être supprimée. C’est donc 27,8 élèves qu’il faut repartir dans les classes restantes... L’argument démographique n’est pas recevable, l’opération n’est pas blanche, le taux d’encadrement n’est pas le même. Oui, le nombre, déjà trop élevé, d’élèves par classe ne peut qu’augmenter. Oui, les conditions d’enseignement en seront fatalement dégradées.
Comment pallier ce manque dans les établissements ?
En Guadeloupe, le rectorat invite les chefs d’établissement à réaliser des économies d’heures sur les enseignements optionnels, les langues par exemple, le créole ( !),le grec, le portugais, le le latin ...L’heure est à la performance, à la productivité, drôle de vocabulaire quand il s’agit de l’école, un lieu où l’on est pas sensé penser en strict terme d’utilité, un lieu où l’ouverture et la diversité des enseignements devraient, à tous prix, être non seulement préservés mais encouragés.
De plus, une nouvelle loi oblige les enseignants à accepter au moins une heure supplémentaire pour combler le manque à gagner laissé par les collègues / postes supprimés.
Et voilà comment on réalise des économies de bout de chandelles sur le dos de ce qu’on peut considérer comme le socle de toute société : l’éducation.
Une autre raison pour laquelle le mécontentement lycéen gronde est la réforme de l’enseignement professionnel qui scolarise aujourd’hui 3O % des lycéens. La filière professionnelle laisse aujourd’hui le choix entre 3 diplômes : le CAP en un an, le BEP en 2 ans et le bac professionnel en 4 ans. Le gouvernement a soudainement décidé que le bac professionnel était réalisable en 3 ans au lieu de 4 ... qu’est-ce qui a bien pu motiver une telle décision ? A priori, une année d’étude n’est pas rien.
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Publié: dimanche 1er juin 2008.
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- Rubrique: Mikactu
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- #08 mai 2008
- société
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