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Boîtier anti-jeunes : Des ultras sons dans nos cages d'escaliers

Après les coups de Kà¤rcher dans nos « bas quartiers », voici la promesse d’ultrasons dans nos cages d’escalier.

La technique est simple : implanter des dispositifs émettant des sons suraigus et gênants sur une longueur d’onde que seuls les moins de 25 ans pourraient entendre, dans l’unique but de faire fuir et déserter les éventuels « squatters »de halls d’entrée. Ce dispositif commercialisé sous les noms de « Mosquito » ou « Beethoven », nous vient tout droit d’Angleterre où il s’est déjà vendu à plus de 4000 exemplaires. De façon étonnante, la vente de ce boîtier est tout à fait légale : la Commission Européenne s’est prononcée le 2 avril et n’interdira pas l’utilisation de ce boîtier anti-jeunes, laissant la responsabilité à chaque Etat membre de prendre cette décision. Pire : malgré les migraines violentes qu’il provoque à court terme, ce dispositif n’est pas classé dans la catégorie des produits dangereux.

Son arrivée toute récente sur le marché français a crée un tollé général, notamment dans les rangs de certains politiques qui voient en ce boîtier la marque d’un recul du dialogue social. Connaissant cependant la propension de la classe politique dirigeante à privilégier la répression au détriment de la prévention, il y a fort à parier que ce boîtier a encore de beaux jours devant lui ; que ce soit aux abords des écoles pour éviter que les jeunes traînent après les cours, dans les résidences privées pour empêcher les attroupements de jeunes d’une certaine population ou tout simplement dans les cages d’escalier…les possibilités d’utilisation sont pratiquement illimitées.

Des représentants de collectivités locales auraient déjà été approchés par les concepteurs de ce boîtier.
Y’a de quoi être inquiet ! En effet, à aucun moment on ne parle d’interdiction : la commercialisation de ce produit est encore autorisée en France. Devant une telle inertie de nos politiques -silence valant acceptation de leur part- il est légitime de s’interroger : Mais que se passe-t-il dans la tête de nos dirigeants, à considérer notre jeunesse, nos enfants, cette conscience montante, cet électorat de demain, comme autant de nuisibles qu’il faudrait coûte que coûte éradiquer de nos entrées de résidence ?

Pourquoi ce désir viscéral de vouloir réduire nos jeunes à de la racaille, à de la crasse et maintenant à de vulgaires parasites ?
Le dialogue social aurait-il atteint ses limites ?
Pire encore, les notions de dignité humaine et de respect de l’autre seraient-elles devenues des étrangères, des immigrées sans papiers en terre de France ?br> Il y aurait peut-être d’autres solutions à explorer avant d’envisager ces extrêmes ; l’argent du contribuable pourrait servir à autre chose qu’à armer nos immeubles de moyens technologiques tout bonnement inhumains : par exemple à investir dans la création d’emplois dans le social, à financer des structures associatives de quartier et ainsi permettre l’expression des jeunes dans un cadre sain.

Mais toutes ces propositions ne sont que des vœux pieux, des divagations d’un esprit encore habité par des idéaux de justice sociale. Bon courage…


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