Comment traiter de la situation de la Terre agricole sans un mot sur le climat social des organismes d’encadrement du milieu agricole que sont la SAFER et la Chambre d’agriculture ?
SAFER : Temps froid pour la saison avec quelques giboulées
La SAFER est cet organe de régulation du marché foncier, qui a pour vocation de protéger les terres agricoles dont le potentiel serait mis en danger. Ainsi à chaque transaction touchant un terrain agricole, la SAFER en est informée et elle a le droit de préempter c’est-à-dire d’acheter prioritairement ce terrain. Elle a aussi étendu ses missions à l’encadrement et l’accompagnement des agriculteurs de la région. Bref en 40 ans d’existence, la SAFER a su s’imposer comme un acteur incontournable du monde agricole. Mais aujourd’hui, il règne une drôle d’ambiance à la SAFER. Sur fond de réduction de budget elle a été contrainte de mettre en place un plan social. Et sur ses 33 salariés la moitié de son effectif est mis à la porte, soit 17 personnes. Alors pourquoi une telle hécatombe ? Comment expliquer une telle situation ?
Version officielle :
L’Europe a décidé de recentrer sa politique agricole, et en ce sens l’encadrement des agriculteurs n’est plus une de ses priorités. Comme la SAFER est essentiellement financée par des fonds européens, qui dit chute des fonds européens sur l’encadrement, dit inévitablement chute du budget de la SAFER.
Ainsi la SAFER a progressivement vu ses ressources fondre comme neige au soleil, pour se retrouver aujourd’hui avec 40% en moins sur son budget.
Alors que faire quand on perd 40% de son budget ? Faire des économies, réduire ses activités, et licencier… Et comme un métronome la SAFER s’est dite que si elle perd près de la moitié de son budget elle va licencier la moitié de son personnel.
Comme dans tout plan social on établit des critères sociaux et professionnels pour choisir ceux qui devront partir. Sur les 17 à licencier, 5 sont mis en préretraite, 5 se sont auto-désignés en faveur d’un départ volontaire, 2 vont être reclasser dans un autre organisme, restent 5 licenciements secs.
Or à l’annonce de certains noms la stupeur et l’incompréhension ont envahi les esprits : comment ont-ils appliqué leurs critères sociaux ? Personne ne sait ! Alors branlebas de combat, piquets de grèves et revendications de soutien pour ceux qui sont en ligne de mire du plan social. L’action syndicale se montre efficace car la Région tend l’oreille puis la main. Elle promet de payer pour les 3 ans à venir le salaire des 5 licenciés secs, le temps de voir venir. « Chic ! » se disent les salariés de la SAFER, tout est bien qui finit bien… Et ben non, la direction de la SAFER n’a rien changé, malgré les assurances de la Région d’honorer sa promesse, malgré le fait qu’elle ait voté à sa dernière séance plénière le budget nécessaire pour payer les salariés en instance de licenciement. La procédure de licenciement, elle, a continué, sans être infléchie, ni suspendue, en attendant de signer la convention avec la Région. Et c’est là que la température a sérieusement commencé à baisser au sein de la SAFER. Dans l’incompréhension de tous, les licenciements ont suivi leur cours jusqu’à la fin, avec la promesse de réembaucher ceux qui ont été licenciés quand la convention sera signée.
Version off :
La SAFER serait-elle folle ? ou accro à la paperasse ? ou particulièrement méfiante envers les promesses de la Région pour s’entêter dans sa procédure de licenciement ? Non rien de tout cela. Certains disent en off que la Fédération Nationale des SAFER a enjoint la SAFER Guadeloupe de profiter des restrictions budgétaires pour se débarrasser des brebis galeuses. Des pratiques mafieuses récurrentes auraient gangréné notre SAFER. Certains même, auraient déjà été pris la main dans le sac ! Et ce plan social serait l’occasion d’écarter définitivement les « ripous » de la structure. 7 à 8 d’entre eux seraient ainsi directement visés. Giboulées donc en vue sur la SAFER… Chambre d’Agriculture : Tourmente en pleine tempête La Chambre est un organisme d’encadrement, d’animation et de vulgarisation de la recherche dans le milieu agricole. Elle connaît depuis quelques temps de graves problèmes de financiers. Un plan social de 14 licenciements ainsi que la vente d’un immeuble ont été préconisés pour rééquilibrer ses comptes. Mais que s’est-il passé pour que la Chambre se retrouve dans un tel état ?
Version officielle :
La Chambre souffre de la baisse des fonds européens, et elle a dû essuyé la défection de nombreuses promesses de subsides non tenues. Actuellement la Chambre a été mise sous tutelle et une vraie volonté de redressement est affichée. On a même engagé un nouveau directeur qui a un palmarès impressionnant de redressement à son actif. En toute logique, on a mis en œuvre les 14 licenciements. Mais le plan social n’a pas toujours été très transparent… il y avait comme une ambiance de roulette russe à la Chambre, tant l’application des critères sociaux se sont avérés être un véritable mystère pour les salariés.
Version off :
En off à peine voilé, certains accusent les anciens Présidents de la Chambre et leur reprochent leur gestion approximative. Dépenses somptuaires, frais de déplacement à 3.000 € le mois, délégation d’une centaine de personnes pour le Salon de l’Agriculture aux frais de la princesse… Alors que dans le même temps, pour équilibrer, on inscrivait dans les recettes des promesses de fonds très incertaines. Résultats : la Chambre est aujourd’hui dans la tourmente d’une tempête financière ... Et selon eux, ce n’est pas un redressement qui va changer les choses. La Chambre aurait perdu la confiance de ses partenaires, des agriculteurs et des intervenants au sein du milieu agricole. L’absence de projet et de vision, le désintérêt des élus de la Chambre pour sa propre action y seraient pour beaucoup. Tel un bateau ivre, elle avance à tâtons… « La Chambre peut disparaître aujourd’hui, l’agriculture guadeloupéenne ne s’en portera pas plus mal… » nous a avoué un de ses élus désabusés ;
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Publié: mardi 1er juillet 2008.
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- Rubrique: Quelques pas de Mika
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- #09 juin 2008




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