Daniel Goudrouffe, c’est avant tout un certain regard…
Un regard particulier né d’une rencontre décisive avec un photographe de l’agence Magnum, un regard qui a mûri à l’ombre tutélaire des plus grands et qui s’est construit une identité propre autour du choix délibéré de l’argentique, du travail sans flash et du noir et blanc. Ce regard, épuré des scories de la couleur, va droit à l’essentiel comme un raccourci vers l’âme, une façon pour Daniel de replacer l’Homme au centre de la photo, au centre de lui-même…
Ce regard authentique et sensible, Daniel va d’abord le promener sur sa propre culture à travers une série de commandes, nous donnant à voir la musique silencieuse qui anime les gens du spectacle en Guadeloupe. Et, parce que Daniel aime les gens et les rencontres, c’est naturellement que son regard va le pousser à s’ouvrir au reste du monde : Haïti, Jamaïque, Cuba, Burkina Faso… sur toutes ces rives, son regard interroge, traque l’humain relief jusque dans les plus petites scènes de la vie ; c’est dans ces moments-là que son regard, patient et discret derrière l’objectif, sait se faire oublier pour mieux capturer l’instant, dompter le fugace et révéler à elle-même l’essence première d’un être et d’une époque, soudain apprivoisés. Alors, naît la poésie du Vrai…

Oui, le regard de Daniel a fait de lui un poète, un conteur silencieux préférant aux mots la puissance évocatrice de l’Image. Mais plus encore, son regard a fait de lui un témoin, lyrique mais lucide, de son temps…et ce temps qui inexorablement annihile ou façonne, ce temps-qui-change-tout-trop-vite, Daniel a voulu le fixer, le figer sur la pellicule sensible en un noir et blanc sans âge, pour qu’on oublie jamais…
Un devoir de mémoire visuelle.
Ce temps qui change, ce temps qui NOUS change, Daniel nous en fait les ultimes dépositaires, nous révélant ainsi à nous-mêmes, en mettant en lumière -à proprement parler- le beau ou le laid en nous, mais en tout cas, le Vrai…
Et c’est bien pour témoigner de Notre vérité que Daniel a participé, en tant que photographe-éclairagiste et membre du collectif C nou Menm, au surprenant et spectaculaire « Et si Bob MARLEY n’était pas mort ? ». C’est toujours dans le même objectif qu’il participera, avec Nicolas NABAJOTH et Eric LAQUITAINE, à l’expo-photos « Les quartiers se racontent », à partir du 29 Mai au centre culturel de Sonys aux Abymes.
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Publié: dimanche 1er juin 2008.
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- Rubrique: Culture
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- #08 mai 2008
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