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Des négociations sont toujours en cours.

Au Mika, déjà 10 mois écoulés à passer par les sentiers battus et à abattre. Des mois à négocier entre les sujets importants et opportuns. Dans la nuit des préparatifs, avec un projecteur ou une lampe de poche chacun tente ici et ailleurs de bien négocier son virage, celui que l’on évite en plein jour. En notre monde tout se négocie. Au clair de lune ou au clair de sa conscience, ici tout se négocie jusqu’ à ce que le couperet du bon sens ou du plus fort tranche en faveur d’un destin déjà fatalement disponible.

Aux Antilles on négocie entre la négritude et la créolité pendant que nos mœurs populaires se confondent en hyprocritude et en médiocratie. Apres on glisse sur la peau de banane subventionnée par un Etat dont on accuse trop souvent notre chute…elle aussi politiquement négociée. Autonomie, indépendance, assimilation, les négociations sont ouvertes ? Elles sont au moins possibles, en apparence. Sauf que nous ne nous donnons pas les moyens du « comment ? » de l’indépendance, le « pour quoi faire ? » de l’autonomie et le « au détriment de quoi ? » de l’assimilation.

Ok, si c’est pour négocier dans le vide au nom du plus puissant parti politique du peuple antillais, le PPV, c’est à dire le Parti Pris de la Vacuité, alors ce n’est pas la peine de se donner autant de peines. Oui, autant négocier juste notre lieu de zoukage pour oublier que nous n’avons jamais fini de négocier avec les autres et surtout avec nous-mêmes.

Au même moment avec le décalage horaire, à Bercy on « nous » négocie des dispositifs de défiscalisation qui ne profitent qu’à ceux qui ont de confortables revenus et pas suffisamment à notre économie structurelle qui a déjà du mal à négocier sa voie, celle qui profite un peu mieux à nos « ti maléré ».

A chacun sa négociation selon son négoce. Par exemple de nombreux individus négocient et investissent temps, énergie et argent pour pouvoir jouer dans le dernier film d’amour clandestin. Mais les critiques disent toujours que ce n’est pas encore le grand film d’amour tant attendu, juste un mauvais film dont on sait qu’il finira mal, sans héros, qui exprime les pulsions du sexe illégitime. Si on ne négocie pas avec la morale officielle, certains préfèrent négocier leurs fantasmes en alimentant le marché de l’adultère. Amants et maîtresses négocient des risques et des plaisirs mais sont déjà d’accord pour trahir un tabou faussement antillais, la fidélité.

Demain on négociera les tarifs des mères porteuses, puis les enfants négocieront leurs caprices avec les parents profitant de leur lâche tolérance. Adolescents, ils négocieront les morales les plus complaisantes pour accepter de singer les adultes les moins exemplaires. A l’âge adulte ils négocieront les virages de la réalité, ceux qui sont choisis, imposés, chimériques, ou essentiels. La vie est une constante négociation puisque celle-ci est pavée de choix et de dilemmes. Il parait qu’aux Antilles on se trompe souvent de table de négociation. Notre actualité n’est qu’une dérive illustrée d’une réalité toujours mal négociée. La rumeur de mon siècle est que la souffrance est la chose la mieux partagée au monde. Alors on se trompe de table ou de négociateurs ?

Croyez-vous que la réponse soit négociable ?

Par votre façon de vivre, vous êtes encore en train de négocier la réponse.


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