En annonçant son abstention au vote de la CBI (Commission Baleinière Internationale), qui se tient en ce moment au Chili, la Dominique a historiquement renoncé à accorder son soutien à l’un de ses partenaires commerciaux les plus importants : le Japon. Ce pays est en effet le premier au monde à pratiquer la pêche à la baleine, une pêche si intensive qu’elle menace littéralement la survie de la baleine grise du Pacifique Occidental. Il est donc enclin à pratiquer la pêche du cétacé dans les eaux internationales, y compris les nôtres, riches en baleines à bosse et en cachalots.
Rappelons simplement que la baleine est un impressionnant mammifère marin (il peut atteindre une taille maximale de 27m pour quelques 140 tonnes !) de la famille des cétacés, qui vit en groupe social et migre vers les îles de la Caraïbe pendant l’hivernage avant de repartir pour les mers froides dès le début du carême. Mais, tout comme d’autres espèces marines, sa survie est menacée par la surpêche et l’élévation de la température des eaux due au réchauffement climatique global.
Des organisations non gouvernementales telles que l’IFAW (International Fund for Animal Welfare) se mobilisent à l’international pour sensibiliser les gouvernements à la préservation de la baleine avec un succès encourageant. Mais cela n’explique pas pourquoi un petit pays tel que la Dominique semble vouloir relever le pari de la préservation. D’autant plus que se pose la question sensible des moyens (de financement) d’une telle ambition…
La menace de boycotter les destinations pro-chasse de la Caraïbe faite par les touristes nord-américains a sans doute pesé dans la balance, mais plus assurément, ce sont les possibilités de développer un écotourisme baleinier dans la région qui font de la baleine une véritable aubaine, y compris pour la Guadeloupe. La création d’un musée de la baleine, accompagné d’un centre d’études du cétacé seraient autant d’initiatives créatrices d’emplois ; donner un autre visage au tourisme dans l’île (une alternative crédible à l’héliotropisme), et attirer une clientèle nouvelle, autant de pistes de relance de l’économie dans l’archipel.
La réussite d’un tel projet suppose évidemment une coopération effective des acteurs concernés (Collectivités, Entreprises, Associations). A ce propos, signalons l’initiative de l’association Evasion Tropicale qui, depuis une dizaine d’années, développe un catalogue caribéen de photo identification qui permet de déterminer notamment l’abondance et la distribution des cachalots présents dans les eaux de la Caraïbe.
Il s’agit donc de protéger une espèce menacée tout en envisageant des perspectives de développement économique durable. Mais ces retombées n’auront de sens que si elles sont également socialement durables (c’est-à-dire partagées par l’ensemble de la population). La sensibilisation dans les écoles, les colloques, les médias est une condition première, mais il nous appartient aussi d’échanger, de s’informer, de diffuser l’information pour faire de cette ambition une réalité, une fierté.
Pour en savoir plus :
http://pageperso-orange.fr/gecc/especes/especes_rares/baleine_bosse.htm www.atout-guadeloupe.com/Cetaces,-Bouillante_a152.html
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Publié: lundi 1er septembre 2008.
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- Rubrique: Mikamo
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- #10 juillet 2008




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