La semaine dernière dans leur local je regardais discrètement mais surement tous leurs livres, leurs articles sur l’histoire des blancs pays quand je tombe sur un bouquin avec un post It jaune fluo marqué d’une annotation intrigante : « il faut le lire pour le croire ! Incroyable mais vrai » alors moi J’ai été prise d’un désir incompréhensible mais vrai aussi de m’emparer de ce livre sur le champs. Je suis partie ce livre sous le bras pour le dévorer. Plus tard, je suis allée rendre le bouquin et m’excuser de l’emprunt imprévu auprès de l’équipe. J’ai été pardonnée : oui, mais à la condition de rédiger pour vous, lecteur la présentation de ce livre.
Cet ouvrage a été écrit par Pierre Lacour. Pierre Lacour est un blanc créole. Mais probablement pas un créole blanc, c’est-à-dire un homme dont l’intériorité se rapproche de la mosaïque culturelle de notre antillanité. En fait, c’est aussi un homme qui en 1972 (en pleine période de remous indépendantiste et disparition du GONG) a pu livrer son avis, un avis tranché mais surtout tranchant pour ceux qui s’y frottent. Il parle d’une certaine Guadeloupe sans complaisance, sans fard et colliers chou. Sa Guadeloupe est ultrafrançaise, ultradépartementaliste, bref, elle est d’abord française avant d’être guadeloupéenne n’en déplaise aux régionalistes révolutionnaires antillais. Nous vous proposons un certain nombre de propos tenus par Lacour (mais pas des miracles) vous êtes prévenu. Il tranche par des allégations qui semblent souffrir d’un trop plein de vérités ou d’un trop grand manque de véracité. Mais au Mika nous savons que la vérité n’est ni excessive, ni insuffisante, elle est ce qu’elle est et non ce que nous souhaitons qu’elle soit. Voici la Guadeloupe coté Lacour car rares sont les blancs pays qui ont osé fournir une vision de politique globale du créole pays qui est le mien.
Extraits choisis : Présentation de la Guadeloupe et du Guadeloupéen
« La culture guadeloupéenne (…) est intrinsèquement française, à ce point qu’il est difficile d’imaginer comment on la pourrait affranchir de cette spécificité »
(P.19), « notre personnalité vraie (…) aura été façonnée à l’image de la France » (p.23) « La personnalité guadeloupéenne n’est qu’un leurre » (p. 68) : La personnalité guadeloupéenne (…) s’épanouit dans le cadre des institutions françaises »
(p. 70)
L’ascendance africaine de la culture Guadeloupéenne : « s’il y avait une absurdité ce serait bien d’essayer de lui trouver des radicelles dans le passé africain, autrement que dans certaines coutumes populaires
(p. 20)
Il présente comme absurde l’idée d’un peuple antillais « les Antilles ne pourront jamais former un ensemble ethnique, parce que de culture différente, ni même prétendre à cette qualification dans un avenir éloigné à cause de leur barrière linguistique. » (p. 13), « la langue et la culture sont (…) des bras de mer difficilement franchissables » (p. 12)
Le guadeloupéen ne souhaite pas l’autonomie car ce n’est pas dans sa nature et un statut plus autonome nous rattacherait à la Martinique : « Le Guadeloupéen est « heureux de son sort, il n’aspire qu’au maintien de son équilibre et au désir de vivre en paix »
(P. 45)
« Cependant influençable » par les exemples alentours, comme celui de la Martinique « nous n’avons ni leur esprit d’initiative ni le goût du risque. Quelles que soient les divisions intestines on doit convenir qu’ils ont toujours eu l’adresse de ne jamais offrir au public ou aux instances administratives le spectacle affligeant de leurs querelles et de leurs discordes. »
(p. 61)
« Ce serait la fédération des Antilles Françaises sous l’égide d’un poète ». (p. 63) « La notoriété de M. Césaire n’implique pas que nous devions en faire les frais. » (p. 64)
Les problèmes de la Guadeloupe : Autonomie contre Départementalisation
« L’Afrique est un continent possédant d’immenses ressources minières et autres à peine exploitées… il serait puéril d’établir un parallèle ... avec nos territoires corpusculaires »
(p. 77)
« L’indépendance en soi ne veut rien dire, elle n’a rien solutionné ; seule compte la question économique »
(p. 78)
« un accord secret anglo-américano-canadien...prévoyant et encourageant …un protectorat canadien de fait sur l’ensemble des petites Antilles » … « remplacer la France par le Canada » (p. 80). « la protection américaine se manifesterait ouvertement… à partir du moment où l’île serait soumise à des convulsions révolutionnaires
(p.81) »
« Ce n’est pas à l’heure où les plus grands peuples du monde recherchent des alliances économiques ou militaires …que la Guadeloupe pourrait penser à s’isoler
(p. 100)
« Quels seraient le sort de ces produits, sucre et banane, qui sont pour nous vitaux en cas d’indépendance ? »
(p. 103)
« Le but poursuivi » par les indépendantistes « est la conquête du pouvoir » (p. 88), et pour cela « Ils utilisent le blanc, bouc émissaire, responsable de tous les malheurs »
(p. 93)
La position de Lacour sur :
L’esclavage : « Un acte déterminé n’est imputable qu’à son auteur »
(p. 182)
« on se demande commet des peuples d’une civilisation si poussée, si raffinée même ont pu commettre tant d’excès »
(p. 185)
« Rien de plus naturel que le traumatisme causé aux Antilles à la suite de l’établissement du régime servile…le désir beaucoup moins compréhensible de maintenir un ressentiment qu’il serait souhaitable que les lumières conjointes de l’intelligence, de la culture et de la raison, pussent à jamais bannir de l’esprit et du cœur toute cause de friction entre les différentes classes sociales des département antillais »
(p. 224)
« il est facile d’imaginer ce que pouvait représenter aux Antilles cette idée de liberté pour un Noir qui du jour au lendemain se trouvait affranchi de toute contrainte….Dans leur exaltation , les travailleurs crurent que la liberté correspondait pour eux et pour une longue période à la cessation de toute activité. Cette joie si naturelle et exubérante donna lieu à des scènes pittoresques, notamment lors de l’arrivée de Gatine à Basse Terre »
(p. 229)
La race blanche : « La race d’origine européenne est aussi indispensable à la prospérité de nos possessions d’Outre Mer que celle d’origine africaine »
(p. 235)
« Le blanc a comme chacun ses défauts et son épiderme ne lui confère aucun titre spécial. Mais quoi qu’on pense, nous l’estimons bien souvent plus près du peuple, et mieux informé de ses problèmes, que ceux qui, à grand renfort de trompe, se disent ses défenseurs et se prétendent chargés de son destin. » (p. 99)
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Publié: mercredi 1er octobre 2008.
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- Rubrique: Mika en Société
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- #11 septembre 2008




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