L’arbitre en chef c’est la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF pour celles et ceux qui préfèrent les abréviations) qui est chargée de veiller à ce que la législation en vigueur soit appliquée. Celle-ci ne va malheureusement pas très loin et nous laisse bien démunis face aux commerçants sans scrupules. Elle tient essentiellement en l’arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du consommateur sur les prix, modifié lui-même depuis par l’arrêté du 4 mai 1993.
En résumé et pour éviter la migraine ; les grandes surfaces et les vendeurs de tout poil font ce qu’ils veulent…La liberté des prix est totale. La seule contrainte qui leur est imposée : afficher leurs prix de façon bien visible. Mais s’ils veulent nous vendre un litre de lait à 10 euros et que nous ne pouvons pas à ce moment précis aller voir ailleurs et faire jouer la concurrence, ils sont dans leur droit…
Ceci étant, s’ils outrepassent leurs droits, après contrôle sur place, la DGCCRF est habilitée à dresser procès verbal au commerçant, même si celui-ci s’appelle CARREFOUR MILENIS ou encore CORA !
Et puis il y a les « coachs » si on peut les qualifier comme tels. Ce sont les six ou sept associations de consommateurs de Guadeloupe. Leur rôle est d’informer les Guadeloupéens, de les mettre en garde en cas de besoin, de relayer si besoin auprès de la DGCCRF en cas de dérapage manifeste du coté des commerçants sur la lisibilité des prix. Mais ils peuvent aussi nous défendre en cas de litige.
A titre d’exemple, citons comme association virulente et assez efficace « l’Union Régionale des Consommateurs (URM) » située aux Abymes qui existe depuis 1992. Celle-ci nous informe par RFO tous les mardis entre 10h et 11h, comme par exemple sur le thème des « crédits faciles » dont les commerçants usent et abusent. Si après examen du dossier l’association estime que nous sommes dans votre droit, et moyennant la cotisation à l’association (200 euros quand même !), elle engagera des démarches par courrier et téléphone afin d’obtenir un arrangement à l’amiable avec l’arnaqueur. Elle n’hésite pas dans les cas sérieux à faire intervenir la presse, arme redoutable aujourd’hui. Un concessionnaire automobile indélicat d’une grand marque fit il y a peu machine arrière et devint beaucoup plus conciliant en voyant la voiture de l’un de nos confrères se garer devant chez lui !…
Il ne faut pas oublier la « jolie fille en maillot qui hisse bien haut le tableau des rounds ». En l’occurrence c’est un garçon : le « fameux » Observatoire des Prix et des Revenus institué par décret le 2 mai 2007 dans tous les DOM en grande pompe à la demande de notre cher Président et rassemblant des représentants des collectivités, des chambres consulaires, des organisations syndicales ainsi que des services de l’Etat. C’est le Préfet qui préside ce nouvel organe. Premier dérapage dans la foulée de sa création : vient le 5 mars 2008 un décret modificatif afin de permettre à davantage de représentants des secteurs socioprofessionnels d’y participer. Bon sens ?
Que fait-il donc cet Observatoire ? Comme la fille en maillot, il observe, il compte. Il recueille des données et fait des statistiques. Il crée aussi des commissions spécifiques sur des thèmes relevant de l’économie ou du social en Guadeloupe…Tout cela reste bien flou alors attendons et nous verrons bien.
Un point à souligner écrit noir sur blanc dans ce décret au niveau des objectifs à atteindre mérite quand même votre attention, je cite : « Proposer des mesures susceptibles d’aider au renforcement de la cohésion sociale » : ça c’est ambitieux bravo !
En fin de compte, si personne ne nous aide, il nous reste à asséner « l’hypercut » : le boycott. Imaginez cela à l’échelle d’une grande surface qui aurait un peu trop tiré sur les prix. Imaginez alors que nous, consommateurs, mais avant cela citoyen, décidions le boycott de l’établissement durant par exemple quelques jours, et imaginez ensuite l’impact que cela aurait sur celui-ci. Les sommes en jeu sont colossales, le patron attraperait vite sa calculette, et immédiatement rectifierait ses prix en conséquence. Ce serait la fin de la dictature des grandes surfaces, un grand coup porté au monde libéral… Mais je m’enflamme peut-être.
Nous pouvons aussi raisonnablement arrêtez d’aller systématiquement dans les grandes surfaces à Carrefour ou CORA à chaque fois que l’on a besoin de faire les courses. Le petit lolo d’à côté a peut-être de quoi nous satisfaire, et il n’est pas forcément plus cher suivant les produits. Mieux vaut acheter nos légumes et nos fruits au marché, et privilégier les producteurs-vendeurs locaux, d’ailleurs bien peu mis en valeur par ces grandes surfaces qui font des bénéfices énormes sur leur dos avec notre argent.
Restons « aware » comme dit un acteur bien comique !!
Pour signalez une infraction, pour une information DGCCRF (tel : 0590 99 35 99), l’URM (tel : 0899 700 971)
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Publié: lundi 1er décembre 2008.
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- Rubrique: Quelques pas de Mika
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- Guadeloupe
- Economie
- #13 Novembre 2008




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