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Mon enfant est mort dans mes bras

Il fracasse le crâne de sa mère », « juillet meurtrier », « Il écrase un ado et s’enfuit », , « Attaquée chez elle par un chien », « Un enfant meurt pour un pipi au lit », « Coup de coup de couteau mortel », « Etouffée par du coco »… Synopsis de mauvais films d’horreur de canal 10 ? Non : les Unes de France-Antilles que l’on a vu s’afficher sans vergogne durant la période estivale.

Mais que se passe-t-il, c’est vacances à Fwans-Manti ? On ne semble même plus y faire l’effort de tenter de surprendre le lecteur. La même recette facile et parfois un peu écœurante nous est servie chaque jour : un tiers de trash-gore-morbide à grands renforts de « traumatisme crânien », « hémorragie méningée », et autres « calvaire de 48h avant de mourir » ; un tiers de tour cycliste et le reste vendu à Matoubas™…
On pourrait arguer qu’en tant que journal de proximité, il est justifiable d’informer les gens des détails sordides des évènements qui se sont déroulés près de chez eux. Après tout, si la majorité des automobilistes ralentissent pour tenter d’apercevoir le sang qui suinte des accidents de la route, c’est qu’ils sont demandeurs. Qu’y a-t-il de mal à fournir au peuple ce plaisir malsain ? Qui ne s’est jamais laissé intriguer, titiller par les gros titres racoleurs et les « Yèswa, fizi paléééé fwansééééé, lakou Zamyaaa ! » des crieurs de journaux ?

Et puis, un journal doit bien remplir ses caisses pour survivre. Le sexe et la violence font vendre, il suffit pour s’en persuader de voir la télévision, le cinéma, les affiches publicitaires, internet, les informations… La partie sexe, c’est 7Mag qui s’en charge. La tentation est grande pour tout média de céder à la facilité.

Cependant, lorsque l’on jouit du privilège d’être LE quotidien d’information de la Guadeloupe, n’y a-t-il pas également une lourde responsabilité accompagnant le titre ? Une nécessaire déontologie ? Une fierté supra-financière à accomplir le métier de journaliste, qui interdirait de niveler par le bas l’intellect de trop nombreux lecteurs en piétinant allègrement les plates-bandes de TF1 ?
Je ne saurais, ami France-Antillais, te dénier le droit –et le devoir– d’en juger seul.


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