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OGM : Les promesses n'engagent que ceux qui y croient

A la fin de la grande messe du Grenelle de l’environnement notre cher Président, la main sur le cœur, avait à la bouche des promesses qui laissaient rêveur :
« Le Grenelle pose de nouveaux principes pour encadrer la recherche et la culture des OGM. Je pense au principe de transparence. Je pense au droit à cultiver avec ou sans OGM. Je pense à l’obligation de prouver l’intérêt sanitaire et environnemental des OGM. Ces principes, Jean-Louis les inscrira dans le projet de loi de transposition. » Nicolas Sarkozy (Oct. 2007)

Mais ne dit-on pas que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » ?… Ainsi à la lecture de la fameuse loi sur les OGM, actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, il faudra certainement se résoudre à dire adieu à une agriculture biologique sans OGM, au droit d’avoir accès à des produits agricoles français garantis sans OGM ou même à des parcs naturels ou des produits AOC protégés…

En effet cette loi prévoit la possibilité pour les agriculteurs de cultiver des OGM sur tout le territoire français avec la seule restriction de respecter des distances de sécurité entre leurs champs OGM et les autres champs non OGM. Evidemment on imagine bien que ces distances seront scrupuleusement suivies par le vent ou les abeilles lorsqu’ils transporteront du pollen OGM car « Nul n’est censé ignorer la loi ! »… Le risque de contamination d’une culture non OGM par ses voisins OGM est grand… Mais Jean-Louis a tout prévu : un produit contaminé par les OGM pourra être étiqueté sans OGM s’il ne dépasse pas une teneur de 0,9%... Vive « la transparence » prônée par notre Président…
En plus, au nom du libre choix des agriculteurs une interdiction d’établir des zones protégées garanties sans OGM est inscrite dans la loi, et ce, même dans des endroits ayant un label AOC (Appelation d’origine contrôlée) ou dans nos parc naturels. En effet les zones AOC pourront seulement « proposer des mesures de protection renforcées » à l’administration, et les parcs naturels ne « pourront » exclure la culture d’OGM, « qu’avec l’accord unanime des exploitants agricoles concernés » (autant dire que si un seul refuse, les OGM pourront être cultivées dans les parc naturels). On peut donc dire qu’avec cette loi aucun produit, aucune région (pas même les nôtres) ne seront épargnées. Et vive « le droit à cultiver avec ou sans OGM » également promis par notre Président.

Mais le plus grave s’est révélé avec la polémique sur le fameux amendement « Chassaigne ». Cet amendement proposait de proclamer dans l’article 1 de la loi « la liberté de consommer et produire avec ou sans OGM » et exigeait des agriculteurs OGM qu’ils tiennent compte des structures agricoles, des écosystèmes locaux, et des filières de production et commerciales qualifiées.
Une proposition qui a amorcé une brèche permetant aux agriculteurs désireux de cultiver sans OGM de se protéger des contaminations intempestives provenant des champs OGM et d’exiger d’eux de prendre en compte leur environnement. Faute de députés UMP présents à l’assemblée, ce soir là, l’amendement a été voté. Cela a provoqué un vrai séisme au sein de la majorité UMP, qui dans ses déchainements s’en est pris violemment à la secrétaire d’Etat à l’environnement Nathalie Kocuisko-Morizet (celle qui avait en effet autorisé la mise en discussion de l’amendement)… Après cris, grincements de dents, accusation de « concours de lâcheté » au sein de la majorité, l’affaire s’est terminée par des excuses prononcées par Nathalie sous la menace d’une démission forcée…

Bref les sénateurs sont vivement priés de rattraper le coup en vidant cet amendement de sa substance.
Car pour la majorité UMP rien ne doit limiter la culture des OGM pour ne pas « favoriser l’expansion des multinationales américaines au détriment de la recherche française »… Alors que 80% des Français ne souhaitent pas manger d’OGM, ces députés qui nous représentent veulent une agriculture intégrant les OGM obnubilés qu’ils sont par la compétitivité de nos entreprises sur le marché international. « Nous devons impérativement rester dans la course de l’innovation, y compris concernant la recherche sur les OGM (…). Refuser ces évolutions nous isolerait du reste du monde et rendrait notre agriculture moins compétitive ». Michel Barnier sénateur (Présentation du Projet de loi « OGM » Sénat, le 5 février 2008)

Car c’est bien des intérêts des multinationales françaises de biotechnologie végétale dont il est question quand nos députés décident en notre nom de l’avenir des OGM en France, et non de notre santé, ni même des questions environnementales. Alors vive « l’obligation de prouver l’intérêt sanitaire et environnemental des OGM » clamé aussi par notre cher Président.


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