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Petite chronique d'une violence verbale

Un vendredi après-midi, une jeune mère sort d’un parking. A l’arrière de son véhicule, sa petite fille qui a réussi à détacher sa ceinture de sécurité. Avant de regagner la route principale située à quelques mètres, elle décide de se rabattre sur le bas côté et de s’arrêter pour arranger la ceinture détachée avant d’entamer la circulation.

La route à double sens est étroite mais « après tout » se dit-elle « j’en ai que pour quelques secondes et il n’y a pas de voiture pour le moment qui me suit, ni de voiture venant à contre sens ». Elle sort et s’empresse d’effectuer sa manœuvre. Chose faite, elle se rend compte que deux voitures s’impatientent déjà demandant passage. Elle regagne sans perdre temps son véhicule en s’excusant d’un geste de la main auprès d’eux. Le conducteur du premier véhicule acquiesce un geste de compréhension.

Par contre, la conductrice du véhicule venant à contresens, semble complètement hors d’elle et baisse vigoureusement sa vitre en proférant de vives remontrances. Il va s’en dire que le ton n’était nullement doucereux. Même la conductrice en colère lui lâcha sans complexe en présence de son mari et de ses enfants la fameuse insulte : « Kounya……. ».

Pourquoi s’est–elle autant énervée ? N’a telle pas toléré que le véhicule se permette de s’arrêter à cet endroit pour régler son problème ? Ou était elle si pressée pour ne pas patienter10 secondes ?

Pouvons-nous dire que le temps est précieux et que nul n’a le droit de contrecarrer notre course vers …vers quoi d’ailleurs ? 10 secondes peuvent aussi parfois sauver une vie. Et puis, Il n’est peut-être pas nécessaire de toujours courir après le temps... Ne faut t-il pas tout simplement et avant tout le vivre ?

Les rapports que nous entretenons à travers nos échanges verbaux et nos comportements reflètent aussi notre société. Or, nous assistons à des modes de communication de plus en plus « impulsivo-négatifs » ou devrais-je peut être dire « impulsivo-colériques ». Cela traduit-il l’émergence d’une société de plus en plus violente ?

Ce qui peut nous déplaire peut-il justifier la grossièreté, et l’agression verbale ?

La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie... (Martin Luther King)


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