Aujourd’hui déjà il a donc droit à son premier ti-punch, excuse excellente pour lui souhaiter un bon décollage.
Le Mika ne connaît pas encore toutes les lettres de l’alphabet du monde antillais mais il poursuis inébranlablement sa quête de compréhension de notre nature sociale, culturelle, politique et toujours humaine.
Souvenez-vous : « ce journal a la prétention d’ouvrir le débat sur nos tabous et nos évidences, afin de nous aider à nous ouvrir sur l’autre avec un meilleur regard, un regard que nous aurons choisi. Soyons prêts à l’aube afin que le crépuscule ne nous surprenne pas. » (conclusion du tout premier édito)
Une telle prétention a été porté par les plumes mikayennes et à l’aube de ce premier anniversaire ce papier fier et encore déchainé tenait à les remercier pour leurs qualités journalistiques. (Woulo bwavo, grand merci et surtout grande continuation pour : Théa, Boost, les colloc’ de Bois Sergent, F.M.F, Malfini, Cklo, O.B., Héléna Turelle, Moz, DJ et FB, Makoua, L.V., Déor, E.T., le meilleur photographe Aérien de Caribbéen Air Paramotor, Veswoo, JB, V. Nouvert, Alex et Christina. )
Notre monde lui, poursuit inexorablement sa route, ses fureurs, ses mystifications et ses merveilles. Avant le Mika, ce monde a été observé et considéré par d’autres parutions locales et ce premier anniversaire du Mika est aussi un clin d’œil complice et humble pour ces tous ces anciens valeureux.
Souvenez vous de ces titres, histoire d’honorer leurs aspirations : Jougwa, la Vérité, Match (surtout celui de Camille), Derades, Nouveliste, Jakata, etc…. A leur manière, ils ont tous cherché à éclairer et améliorer l’opinion publique., et chacun dans le cadre de ses respectables convictions.
Ici, les petites plumes mikayennes voudraient entre autres tracer un cours pour les problématiques liées à l’eau, ses coulisses et ses dessous, dessiner un horizon d’espoir pour Haïti, pays et peuple dont on ne peut retirer la forte dignité, dénoncer la ruée vers l’or et vers la décadence de la Guyane, montrer la main invisible qui nous gifle de ses réformes libérales…
Les Antilles, la métropole, les nations, dans leurs cheminements, méritent d’être regardés avec vigilance et même méfiance. On nous gave médiatiquement avec les prémisses de cette redoutée crise économique alors qu’on oublie trop souvent la crise économique permanente et maintenue pour 80% de la population mondiale. Paradoxalement, leurs crises économiques financent le train de vie des 20% restants, leur emprise, leurs entreprises, eux qui ne sont pas censés connaitre la crise.
Au sein même de ces 20%, il y a ceux qui sont durablement en crise, on les surnomme les « pauvres ». Vous savez ce sont les Antilles, la France, et l’occident d’en très bas. Ils sont souvent silencieux car ils savent à quel point la solidarité, la compassion, le partage, l’entraide sont, hélas, nos prochaines utopies.
Ensuite pour la plupart d’entre nous, c’est à dire tous ceux qui n’ont pas réussi à incarner la tranquillité de l’âme de Sénèque ou la béatitude de nos spiritualités c’est aussi la crise mais celle dont on ne parle pas assez. Crise de nerf, crise des valeurs, crise morale, crise de sens, crise de désespoir, crise existentielle, crise de crises. En attendant de criser de joie, votre journal vous invite à regarder toujours du coté ou le soleil se lève. Ainsi la lumière et la chaleur seront eux, de votre coté.
Le message universel et profondément humaniste d’André Schwartz Bart, l’auteur du « derniers des justes », dont c’était la commémoration en ce début de mois, a récemment et brillamment été ravivé par ses premiers héritiers spirituels, Simonne, Bernard et Jacques. Il avait raison, depuis le début ce grand monsieur de militer en faveur d’un humanisme transcendant et fraternel, tachons de pouvoir et de savoir s’en inspirer. Merci à lui pour sa présence.
Merci aussi à tous ceux qui aiment le Mika, vous êtes en quelque sort les poumons du Mika alors en soufflant sur sa première bougie pensez à aussi à redonner un souffle de vie à cette légende :
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de foret. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part »
(Citation tirée du livre de Pierre Rabhi, « La part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir »)
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Publié: samedi 1er novembre 2008.
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- Rubrique: Editos
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- #12 Octobre 2008




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