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Y a-t-il une vie après les abeilles ?

C’est le matin, il est tôt, le soleil est en train de se lever. Le fond de l’air est doux. Comme tous les matins, Omer part faire le tour de ses ruches. Mais ce matin, quelque chose ne va pas. En arrivant, il n’entend pas le vrombissement familier de ses abeilles. Tout lui semble étrangement calme. Il ouvre ses ruches, pour essayer de comprendre ce qui se passe.

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Y a-t-il une vie après les abeilles

Personne ou presque. Dans certaines de celles-ci, il ne reste que la reine, qui curieusement semble en bonne santé et quelques malheureuses jeunes adultes qui n’ont pas l’air très en forme. Omer cherche autour, pas la moindre trace de ses abeilles, pas de cadavres. La moitié de ses abeilles ont tout bonnement disparu pendant la nuit. C’est une catastrophe ! Alors, Omer commence à penser au Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (ou CCD pour l’expression anglaise « Colony Collapse Disorder »). Bien sûr, il en a entendu parler ! Quel apiculteur n’est pas au courant ? Cette épidémie qui est en train de se propager de ruches en ruches à travers la planète et que personne n’arrive à expliquer. Déjà, on en parlait en 2000 en Europe, puis en 2006 aux Etats-Unis. Jusqu’en 2007, année où le phénomène devint plus qu’alarmant puisque certains apiculteurs ont perdu jusqu’à 70%, voire 80% de leurs abeilles.

Une catastrophe quand on sait que les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l’arachide, le melon, etc., dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation.

Le phénomène a déjà touché une vingtaine d’états américains ainsi que le Canada (Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes), il gagne aujourd’hui l’Europe et l’Asie. Une telle proportion des pertes et dans une telle ampleur géographique n’ont jamais eu lieu dans toute l’histoire de l’apiculture.

Omer se demande ce qui a bien pu faire disparaître ses abeilles. Les hypothèses sont nombreuses : contamination chimique dans les réserves de nourriture, utilisation d’antibiotiques, agents pathogènes connus et inconnus chez les abeilles et dans les couvées, parasites, niveau de stress des adultes (transport de longue distance relatif à la pollinisation) et manque de diversité génétique. Mais aussi tous les pesticides utilisés à proximité des ruches. La France a par exemple interdit l’utilisation du Gaucho en 2004 puis du Regent, relativement à leur nocivité vis-à-vis des ruches. Les OGM ont aussi été pointés du doigt notamment au Québec. Cependant, aucune cause ne semble encore faire l’unanimité et l’hypothèse d’« une combinaison de tous ces agents » (J. Cumins, Université d’Ontario, cité dans Molda, 2007) semble l’hypothèse la plus vraisemblable.

Omer sait que 35 % de la production mondiale de nourriture, qui provient de cultures, dépendent de la pollinisation par les abeilles et autres insectes pollinisateurs. (Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l’Inra). Qu’arrivera t’il si le phénomène continue à se développer ? Omer réfléchit au monde qui l’entoure. Il regarde autour de lui. Les choses ont bien changées depuis qu’il a commencé. Tout était plus naturel ; on n’élevait pas des reines de façon artificielle à partir d’ouvrières, on ne déplaçait pas les ruches comme aujourd’hui. Il y avait beaucoup plus de fleurs, beaucoup plus de plantes différentes. Les abeilles avaient moins de distance à parcourir pour se nourrir. La nature était beaucoup plus présente. Il y avait des haies, on ne défrichait pas comme maintenant. On n’utilisait pas autant d’herbicides, de pesticides. D’ailleurs, il se dit que l’on voit moins de papillons, moins de libellules...Omer se demande si tout ça n’est pas lié. Pourquoi les uns disparaîtraient et pas les autres. Il commence à prendre conscience de ce qu’est la biodiversité !

A pa davwa ou sizé si chèz, pyé a-w pa ka trenné atè. (Ce n’est pas parce que tu es assis sur une chaise qu’il faut croire que tes pieds ne touchent pas le sol). Je ne connais pas ce proverbe mais je trouve qu’il est approprié

Bayer distribue sous différentes marques l’imidaclopride (Interdite et responsable de la mort des abeilles) : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage...

Tous ces produits sont encore en vente ?


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