Le Mika Déchaîné http://www.lemikadechaine.com/ fr Le Mika Déchaîné http://www.lemikadechaine.com/IMG/siteon0.png http://www.lemikadechaine.com/ Carnet de voyage d'une guadeloupéenne au Japon ! http://www.lemikadechaine.com/Carnet-de-voyage-d-une.html <p class="spip"><span class='spip_document_115 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:183px;'> <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/jap.jpg' width="183" height="136" alt="" /></span> Je voulais de l'aventure. À Tokyo, mégapole de 12 millions d'habitants, je pensais que j'aurais été prise dans un rythme trépidant qui trancherait radicalement avec la tranquillité d'une région montagneuse comme Nikko. Très vite j'ai compris que j'étais dans l'erreur et que même si certains quartiers de Tokyo ressemblent à la ville du XXIIe siècle, même si à la gare de Shinjuku transitent chaque jour près d'un million de personnes, l'aventure n'était pourtant pas dans ces contrastes. De la ville à la montagne le Japon m'a finalement semblé être un pays très homogène. Et la vraie aventure a été de constater le bouleversement que ce pays provoquait en moi. Je débarquais dans un monde inconnu qui avait la capacité de brouiller tous les codes et tous les repères du voyageur venu de loin et qui plus est de la Caraïbe. J'étais à l'Est. Le japon m'a plongé dans un univers où je me sentais sans défense et paradoxalement apaisée.</p> <p class="spip">Bien plus qu'avec quelques verres de saké, j'ai été enivrée par la langue, la cuisine, la culture, le rapport à l'autre, cet inconditionnel sens du devoir que le japonais cultive, ce perfectionnisme insatiable qui dicte chaque étape de sa vie. J'ai aussi ressenti l'importance donnée à l'ordre, à la hiérarchie, au Temps, au Silence. Moi, issue d'un peuple de l'urgence et de l'immédiat qui s'est construit dans le giron de lendemains incertains, j'ai tenté, au cours de ce voyage d'ajuster ma notion du temps à la leur afin de mieux comprendre le pays.</p> <p class="spip">Le silence ou plutôt la quiétude s'est imposée d'elle-même et m'a fait devenir le temps d'un voyage actrice du théâtre Nô car au Japon, cette quiétude est vénérée et on la retrouve dans le métro ultra-moderne de Tokyo où les portables doivent être mis sous silencieux, dans les rues grouillantes où les voitures ont été conçues pour faire le minimum de bruit possible ou encore dans les gestes minutieux des travailleurs. La quiétude atteint son paroxysme dans les magnifiques temples bouddhistes et shintoïstes qui marquent de leurs empreintes spirituelles les paysages urbains les plus modernes.</p> <p class="spip">Mais, quand ce calme devient angoissant, quand le poids de la hiérarchie se fait trop lourd, quand la perfection prend à la gorge alors les japonais tentent de s'évader sous les néons criards des pachinko, de grandes salles abritant d'immenses flippers ultra bruyants. Ils chantent à tue-tête dans les karaoké aidés par le saké. Et quand ils le peuvent encore, ils profitent au maximum, de cette tranche de vie calée entre le lycée et les années étudiantes pendant laquelle il leur est permis toutes les extravagances vestimentaires même les plus extrêmes . Ensuite ils auront à faire leur entrée « officielle » dans la « vraie vie ».</p> <p class="spip">Une vie dévouée à l'entreprise où, comme m'explique mon amie Aya, la femme a encore bien souvent une place subalterne. C'est ainsi qu' aujourd'hui encore, même bardée de diplômes, dès qu'elle a des enfants (en général un ou deux maximum), sous les encouragements de son mari et de la famille elle prend un temps partiel ou arrête tout bonnement de travailler. Elle s'occupe alors de son foyer qui, en raison des prix exorbitants des loyers se retrouve souvent enfermé dans un habitat minuscule. Mais au pays de la perfection chaque mètre carré d'un appartement a son utilité et l'agencement zen donne un sens à toute chose.</p> <p class="spip">J'ai compris que le Japon était à la fois un pays ultra-moderne et en même temps ultra-traditionnel sans pour autant que cela ne relève de la schizophrénie. Modernité et tradition ont fait corps. Pour un étranger c'est un concept qu'il est difficile de saisir. Tout comme il est difficile de comprendre que, là-bas, la perfection se révèle également dans la manière d'orchestrer sa mort. Dans un pays qui enregistre un des plus forts taux de suicide au monde, la mort volontaire est geste de bravoure et d' honneur hérité des Samouraïs. À quoi bon vivre, quand on a perdu son honneur, quand sa dignité a été bafouée ?</p> <p class="spip">On peut comprendre que la nouvelle génération ait du mal à accepter toutes les composantes de cet héritage ancestral. Ce pays vous surprendra jusqu'au bout. Et je vous invite, cher ami du Mika, à aller un jour voir de vous-même. N'ayez crainte, je vous assure que vous serez reçu comme un prince parce que même si ce peuple s'est volontairement coupé pendant plusieurs siècles du reste du monde, il possède un sens inouï de l'hospitalité qui tend (bien évidemment) vers la perfection. Je vous garantis un séjour riche en émotions, en fous rire, en questionnements, en incompréhensions, en sérénité et en magie !</p> 2008-12-01T18:47:00Z text/html fr Makoua Petite leçon de populisme sur la question de l'immigration : http://www.lemikadechaine.com/Petite-lecon-de-populisme-sur-la.html <img src="http://www.lemikadechaine.com/IMG/arton115.jpg" alt="" align="right" width="86" height="79" class="spip_logos" /><p class="spip">15 Avril 2005, tard dans la nuit, sur les ondes de « Radio Guadeloupe », des auditeurs s'expriment… « -<i class="spip">Je tenais à dire Merci à Mr. Lurel parce qu'il prend en compte les vrais problèmes de la Guadeloupe</i> ! »… « -<i class="spip">Woulô Bravo, à Mr. Lurel pour les vedettes qu'il va donner à la police… Ca pouvait pas durer comme ça !!!</i> »…</p> <p class="spip">Mais comment Mr Lurel a-t-il fait pour être aussi populaire (surtout à cette heure tardive) ? Réponse : il a fait « un coup de populisme » tout simplement !!! Alors que tous ceux qui veulent faire comme lui prennent leurs stylos, le cours de « populisme » en 4 leçons, délivrées par le Maître Lurel (himself) va commencer…</p> <p class="spip"><strong class="spip">- Leçon n°1 : Organiser (ou faire organiser) un important Congrès des élus sur la question de l'immigration, alors même que ce congrès n'a aucune compétence en la matière</strong></p> <p class="spip">Mais à quoi ça sert me direz-vous ? C'est la force du symbole, l'impact de l'image : l'élu qui s'intéresse aux problèmes du peuple… Compris… Surtout se faire bien voir et faire un discours sérieux de type appel criant au durcissement de la lutte contre l'immigration en Guadeloupe, entremêlé de tout de même de petits débris d'une pensée humaniste (on n'oublie pas ses convictions politiques socialistes), saupoudré de quelques lieux communs nourrissant les fantasmes et les peurs populaires contre les immigrés, et sans oublier bien sûr les inimitables citations latines (ça fait instruit !). Même si les intellectuels du pays vous reprochent de flatter les fantasmes et les peurs populaires alors que le contexte est sensible et qu'un certain Ibo Simon a ouvert les « voix » aux dérives xénophobes, n'écoutez pas ces mauvaises langues…</p> <p class="spip">Ecoutez plutôt la voix du Maître Lurel dans son fameux discours : « Nous avons le devoir d'affronter les attentes, les inquiétudes et les peurs de ceux qui nous ont élus.(…) Cela ne signifie pas que nous devons épouser toutes ces attentes, toutes ces inquiétudes et toutes ces peurs. (…) Non, ce que les Guadeloupéens attendent, c'est de savoir que face à un problème lancinant et profond, qui touche aux racines mêmes de notre société, qui nous interpelle dans notre vécu de peuple et qui nous pose la question de l'altérité, de notre rapport à l'autre, les élus des collectivités locales ici rassemblés peuvent s'accorder sur un diagnostic pour, ensuite, cheminer ensemble dans l'action. »</p> <p class="spip">Soit dit en passant eviter quand même les graves excès tels que qualifier l'immigration en guadeloupe de « problème lancinant et profond, qui touche aux racines mêmes de notre société »</p> <p class="spip"><strong class="spip"> -Leçon n°2 : Avoir des propos limites tendancieux, mais en prenant soin d'équilibrer toujours avec un peu humanisme </strong></p> <p class="spip">Exemple du Maître Lurel : Il nous fait un historique quelque peu douteux des migrations en Guadeloupe : « Nos sociétés ont d'abord été confrontées à une migration forcée qui a constitué avec la traite négrière le principal vecteur de peuplement de notre région. Ce n'est que consécutivement aux différentes abolitions de l'esclavage et au début du XXe siècle que les populations concernées acquièrent la possibilité de migrer volontairement. La première vague de migrations volontaires est observée en 1914 avec des milliers de Jamaïcains, Barbadiens Guadeloupéens et Martiniquais qui s'en vont contribuer à la construction du canal de Panama. Aujourd'hui encore, la migration forcée est largement de mise et se manifeste sous sa forme la plus patente par un trafic humain qui alimente les réseaux internationaux de pratiques odieuses. Il est par ailleurs important de rappeler que l'Amérique du Nord et l'Europe demeurent les cibles prioritaires des migrants caribéens. Au cours des quarante dernières années, cette migration extra-régionale a été dix fois supérieure aux flux internes à la Caraïbe.(…) »</p> <p class="spip">Alors ici délibérément sont mises dans le même panier des « migrations » : la traite négrière, la migration vers le Panama et les migrants caribéens… La seule distinction entre ces trois types de « migrations » c'est que la migration vers le Panama était volontaire… La traite négrière et les migrants actuels caribéens sont quant à eux, mis exactement sur le même niveau : ce sont des migrations forcées… Raccourcis historiques douteux, mais assumés, c'est le secret !! Mettre l'esclave de la traite négrière au même niveau que l'immigré caribéen d'aujourd'hui (surtout quand on sait que des propos xénophobes tendant à inférioriser les immigrés haïtiens ont été proférés sur les médias, il n'y a pas si longtemps) est une attitude risquée… Mais elle permet de surfer sur un imaginaire tendancieux et dangereux, et c'est toujours bon l'imaginaire…</p> <p class="spip"><strong class="spip">-Leçon n°3 : Entériner au passage quelques fantasmes populaires sur líimmigration</strong></p> <p class="spip">Ex. toujours du même discours : « Par ailleurs, la migration sanitaire mérite d'être signalée. La Guadeloupe et la Martinique représentent des pôles sanitaires attractifs pour leurs voisins caribéens. Enfin, il y a lieu de mettre en évidence le fait que dans le bassin caraïbe, les migrations qui se développent sont essentiellement féminines. »</p> <p class="spip">Là il faut jouer sur les ambiguïtés, jouer sur les images aux quelles les mots renvoient plutôt qu' à leur sens… La « migration sanitaire » signifie la migration liée aux soins (qui peut être entendue au sens large), mais l'image du terme « sanitaire » peut renvoyer au social et aux aides sociales… Ainsi l'idée de la « migration des aides sociales » réveille les peurs sur l'immigré qui viendrait profiter de « nos »aides sociales… C'est la même technique pour l'image de « l'immigration féminine » qui renvoie aux préjugé des immigrées qui viennent mettre au monde des « Français du sol », ou pire les délires paranoïaques d'un complot de repeuplement fomenté par les immigrés…</p> <p class="spip"><strong class="spip">-Leçon n°4 : Prendre des décisions que l'on pourra mettre à son bilan politique</strong></p> <p class="spip">Le congrès en question a rédigé 4 résolutions toutes votées à l'unanimité par tous les élus Guadeloupéens. Résolutions qui ont fait leur chemin pour aboutir à des lois concrètes … En vrac, maintenant les autorités peuvent interpeller les immigrés clandestins en mer jusqu'à 20kms de nos côtes. Les immigrés faisant l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière ne bénéficient plus de la possibilité de faire un recours suspendant cette reconduite, ce qui signifie qu'ils sont mis dans l'avion coûte que coûte, même si ils ont entre temps saisi le Tribunal Administaritif pour contester leur arrêté (Pour informations ces dispositions extrêmement répressives sont dérogatoires et ne s'appliquent pas en France, ni en Martinique d'ailleurs…</p> <p class="spip">Il faut dire qu'ils n'ont pas un Lurel comme nous qui prend à bras le corps leurs « vrais problèmes » !!!!) ect… Bref après le blabla, les actes (répressifs) doivent suivre… Et c'est précisément là que l'opération est intéressante pour l'homme politique : car il pourra se prévaloir d'un bilan et d'une action volontariste… Par exemple pour le Maître Lurel, en s'emparant de la très populaire thématique de l'immigration, il s'engage sur un terrain glissant hautement sensible, avec toutes les dérives xénophobes qu'elle peut générer, mais il pourra transformer son bilan sur cette thématique populaire en vivier de voix pour une éventuelle réélection… Et après tout, c'est cela qui compte vraiment ?!</p> 2008-12-01T17:25:00Z text/html fr Gladys Démocrite Concours de l'expulsion du mois http://www.lemikadechaine.com/Concours-de-l-expulsion-du-mois,97.html <img src="http://www.lemikadechaine.com/IMG/arton97.jpg" alt="" align="right" width="184" height="162" class="spip_logos" /><p class="spip">Mardi 23 Septembre 5h52 du matin, alors que Pointe-à-Pitre s'éveille peu à peu, plusieurs cars de police investissent le quartier de Fond Laugier. Des dizaines de policiers en sortent au pas course, se répartissent en petits groupes pour s'infiltrer furtivement dans les ruelles sinueuses du quartier. Après avoir encerclé quelques maisons préalablement identifiées, ils donnent une première sommation avant de charger brutalement. Puis tout va très vite : portes brisées, empoignades musclées, cris de toutes part… Tout le monde est embarqué : hommes, femmes, enfants. Au total dix personnes sont arrêtées par les policiers dont une petite fille de trois ans. Arrivées au poste de police, elles sont toutes mises en garde à vue (hormis l'enfant, bien sûr) et incarcérées dans la petite cellule de la BMR (Brigade Mobile de Recherche) des Abymes. Il est 6h30. Ces personnes ne sont ni des trafiquants de drogue, ni des meurtriers, ni des braqueurs de banque, ni même des petits voleurs à la tire… Rien de tout cela… Elles sont juste des sans-papiers. On aurait pu croire que les tolés soulevés par l'histoire du petit Jephté expulsé avec son père, le mois dernier, dans une Haïti ravagée, auraient calmé les ardeurs de la préfecture et de ses sbires.</p> <p class="spip">Et bien non… Ils continuent, organisent des rafles, remplissent le Centre de Rétention et occupent allègrement les places laissées vides dans les avions en partance pour Haïti. Ils font leur « boulot » quoi !!!<br> Mieux, le cynisme bat son plein au sein des services de l'Etat. Savez-vous à quoi doit servir la garde à vue que l'on inflige à ces sans papiers ? A faire avancer une enquête judiciaire et à faire cracher des aveux à des personnes soupçonnées d'avoir commis des crimes et délits… <br> Mais là, dans le cadre d'une rafle de sans-papiers de quelle enquête, de quels aveux peut-on arguer pour justifier ce détournement de procédure ? Rien évidemment…</p> <p class="spip">Par contre la garde à vue a bien des avantages quand on veut, vite fait bien fait, expulser quelqu'un. Déjà elle permet de l'isoler. Alors qu'au centre de rétention on peut appeler qui l'on veut, voir un avocat à toute heure, on peut recevoir la visite de militants associatifs en faveur des droits de l'homme pour être soutenu, et conseillé, durant la garde-à-vue on est détenu comme un prisonnier. On est isolé, sans avoir la possibilité de passer des coups de fil, de voir un avocat sauf au cours de la première heure, sans avoir d'autres sons de cloche que ce que dit la police.</p> <p class="spip">Ce régime contraignant facilite les choses quand la garde à vue se termine par un arrêté de reconduite à la frontière, et que le gardé à vue sans-papiers est mis dans un avion incognito, sans que personne ne puisse vérifier si on lui a bien expliqué ses droits, si on lui a bien dit quels étaient ses moyens d'action.<br> Mais à ce jeu-là ce sont tous les organes de l'Etat qui s'y mettent : la préfecture et les policiers bien sûr, mais aussi les procureurs qui autorisent ces mascarades de garde-à-vue. <br> Alors qu'en est-il de nos dix sans-papiers embarqués, me direz-vous ? La petite fille de 3 ans a été remise à son père le jour même vers 15h, après 9 heures passées dans les locaux de la police. La mère a été relâchée avec une autorisation de rester sur le territoire français de 15 jours, le temps que sa fille s'habitue à rester seule avec son père qui peut rester chez nous étant en situation régulière. Le droit d'avoir une vie familiale garantie par la Convention européenne des droits de l'homme n'est visiblement pas connue par les services de l'Etat quand il s'agit de familles haïtiennes !!! Les autres, au moment de l'écriture de cet article se débattent dans les méandres des procédures pour échapper au couperet de l'expulsion imminente.</p> <p class="spip">Combien y parviendront ? Combien seront renvoyés en Haïti alors « qu'une large part de la population haïtienne se trouve confrontée à des difficultés majeures pour sa survie, sans abri, sans alimentation et même sans eau potable, sans savoir si les secours parviendront jusqu'à elle. Il n'est pas acceptable que les autorités continuent à expulser des êtres humains vers un pays en situation de catastrophe ». <br> Il existe une pétition qui exige que la préfecture ait la décence de suspendre ces expulsions : Appel pour un moratoire des expulsions : http://www.lapetition.be/petition.php ?petid=3076 . A défaut de pouvoir faire plus, mobilisons-nous et signons la.</p> 2008-11-01T00:50:00Z text/html fr G.D. LaCour des préjugés, des vérités et de l'inavouable http://www.lemikadechaine.com/LaCour-des-prejuges-des-verites-et.html <p class="spip">La semaine dernière dans leur local je regardais discrètement mais surement tous leurs livres, leurs articles sur l'histoire des blancs pays quand je tombe sur un bouquin avec un post It jaune fluo marqué d'une annotation intrigante : « il faut le lire pour le croire ! Incroyable mais vrai » alors moi J'ai été prise d'un désir incompréhensible mais vrai aussi de m'emparer de ce livre sur le champs. Je suis partie ce livre sous le bras pour le dévorer. Plus tard, je suis allée rendre le bouquin et m'excuser de l'emprunt imprévu auprès de l'équipe. J'ai été pardonnée : oui, mais à la condition de rédiger pour vous, lecteur la présentation de ce livre.</p> <p class="spip">Cet ouvrage a été écrit par Pierre Lacour. Pierre Lacour est un blanc créole. Mais probablement pas un créole blanc, c'est-à-dire un homme dont l'intériorité se rapproche de la mosaïque culturelle de notre antillanité. En fait, c'est aussi un homme qui en 1972 (en pleine période de remous indépendantiste et disparition du GONG) a pu livrer son avis, un avis tranché mais surtout tranchant pour ceux qui s'y frottent. Il parle d'une certaine Guadeloupe sans complaisance, sans fard et colliers chou. Sa Guadeloupe est ultrafrançaise, ultradépartementaliste, bref, elle est d'abord française avant d'être guadeloupéenne n'en déplaise aux régionalistes révolutionnaires antillais. Nous vous proposons un certain nombre de propos tenus par Lacour (mais pas des miracles) vous êtes prévenu. Il tranche par des allégations qui semblent souffrir d'un trop plein de vérités ou d'un trop grand manque de véracité. Mais au Mika nous savons que la vérité n'est ni excessive, ni insuffisante, elle est ce qu'elle est et non ce que nous souhaitons qu'elle soit. Voici la Guadeloupe coté Lacour car rares sont les blancs pays qui ont osé fournir une vision de politique globale du créole pays qui est le mien.</p> <p class="spip">Extraits choisis : <strong class="spip"> Présentation de la Guadeloupe et du Guadeloupéen</strong></p> <p class="spip">« La culture guadeloupéenne (…) est intrinsèquement française, à ce point qu'il est difficile d'imaginer comment on la pourrait affranchir de cette spécificité » <br>(P.19), « notre personnalité vraie (…) aura été façonnée à l'image de la France » (p.23) « La personnalité guadeloupéenne n'est qu'un leurre » (p. 68) : La personnalité guadeloupéenne (…) s'épanouit dans le cadre des institutions françaises »<br> (p. 70) L'ascendance africaine de la culture Guadeloupéenne : « s'il y avait une absurdité ce serait bien d'essayer de lui trouver des radicelles dans le passé africain, autrement que dans certaines coutumes populaires <br> (p. 20) Il présente comme absurde l'idée d'un peuple antillais « les Antilles ne pourront jamais former un ensemble ethnique, parce que de culture différente, ni même prétendre à cette qualification dans un avenir éloigné à cause de leur barrière linguistique. » (p. 13), « la langue et la culture sont (…) des bras de mer difficilement franchissables » (p. 12) Le guadeloupéen ne souhaite pas l'autonomie car ce n'est pas dans sa nature et un statut plus autonome nous rattacherait à la Martinique : « Le Guadeloupéen est « heureux de son sort, il n'aspire qu'au maintien de son équilibre et au désir de vivre en paix »<br> (P. 45) « Cependant influençable » par les exemples alentours, comme celui de la Martinique « nous n'avons ni leur esprit d'initiative ni le goût du risque. Quelles que soient les divisions intestines on doit convenir qu'ils ont toujours eu l'adresse de ne jamais offrir au public ou aux instances administratives le spectacle affligeant de leurs querelles et de leurs discordes. » <br>(p. 61) « Ce serait la fédération des Antilles Françaises sous l'égide d'un poète ». (p. 63) « La notoriété de M. Césaire n'implique pas que nous devions en faire les frais. » (p. 64)</p> <p class="spip">Les problèmes de la Guadeloupe : <strong class="spip">Autonomie contre Départementalisation</strong></p> <p class="spip">« L'Afrique est un continent possédant d'immenses ressources minières et autres à peine exploitées… il serait puéril d'établir un parallèle ... avec nos territoires corpusculaires » <br>(p. 77) « L'indépendance en soi ne veut rien dire, elle n'a rien solutionné ; seule compte la question économique » <br>(p. 78) « un accord secret anglo-américano-canadien...prévoyant et encourageant …un protectorat canadien de fait sur l'ensemble des petites Antilles » … « remplacer la France par le Canada » (p. 80). « la protection américaine se manifesterait ouvertement… à partir du moment où l'île serait soumise à des convulsions révolutionnaires <br>(p.81) » « Ce n'est pas à l'heure où les plus grands peuples du monde recherchent des alliances économiques ou militaires …que la Guadeloupe pourrait penser à s'isoler <br>(p. 100) « Quels seraient le sort de ces produits, sucre et banane, qui sont pour nous vitaux en cas d'indépendance ? »<br> (p. 103) « Le but poursuivi » par les indépendantistes « est la conquête du pouvoir » (p. 88), et pour cela « Ils utilisent le blanc, bouc émissaire, responsable de tous les malheurs » <br>(p. 93) La position de Lacour sur : L'esclavage : « Un acte déterminé n'est imputable qu'à son auteur »<br> (p. 182) « on se demande commet des peuples d'une civilisation si poussée, si raffinée même ont pu commettre tant d'excès » <br>(p. 185) « Rien de plus naturel que le traumatisme causé aux Antilles à la suite de l'établissement du régime servile…le désir beaucoup moins compréhensible de maintenir un ressentiment qu'il serait souhaitable que les lumières conjointes de l'intelligence, de la culture et de la raison, pussent à jamais bannir de l'esprit et du cœur toute cause de friction entre les différentes classes sociales des département antillais » <br>(p. 224) « il est facile d'imaginer ce que pouvait représenter aux Antilles cette idée de liberté pour un Noir qui du jour au lendemain se trouvait affranchi de toute contrainte….Dans leur exaltation , les travailleurs crurent que la liberté correspondait pour eux et pour une longue période à la cessation de toute activité. Cette joie si naturelle et exubérante donna lieu à des scènes pittoresques, notamment lors de l'arrivée de Gatine à Basse Terre »<br>(p. 229) La race blanche : « La race d'origine européenne est aussi indispensable à la prospérité de nos possessions d'Outre Mer que celle d'origine africaine » <br>(p. 235) « Le blanc a comme chacun ses défauts et son épiderme ne lui confère aucun titre spécial. Mais quoi qu'on pense, nous l'estimons bien souvent plus près du peuple, et mieux informé de ses problèmes, que ceux qui, à grand renfort de trompe, se disent ses défenseurs et se prétendent chargés de son destin. » (p. 99)</p> 2008-10-01T00:14:00Z text/html fr La MakrelduMika La future expulsion du mois http://www.lemikadechaine.com/La-future-expulsion-du-mois.html <img src="http://www.lemikadechaine.com/IMG/arton45.jpg" alt="" align="right" width="110" height="79" class="spip_logos" /><p class="spip">Rose Aimée est partie d'Haïti pour la Guadeloupe sur l'injonction de sa mère et d'un frère inquiets de l'ambiance de racket, enlèvements, viols. Peu de temps après son arrivée en Guadeloupe, elle rencontre Ernest, guadeloupéen, avec qui elle vit quelques mois. L'alcoolisme de cet homme rend très vite la vie quotidienne avec lui difficile et au bout de trois mois Rose Aimée cherche un autre logement qu'elle partagera avec des compatriotes.</p> <p class="spip">Un mois après s'être séparée d'Ernest, elle découvre qu'elle est enceinte. Les temps sont durs, elle n'a pas de ressources, elle reste des jours entiers sans manger. Mais sa religion lui interdit de « tuer l'enfant », elle poursuit sa grossesse dans des conditions de vie précaires et accouche d'un petit garçon, Eric. Elle continue à voir Ernest qui l'aide en lui donnant de temps en temps 20 ou 30 euros …Il va reconnaître l'enfant avec elle. Elle apprend qu'elle peut obtenir un titre de séjour en tant que mère d'un enfant français. Elle fait cette démarche et obtient un titre de séjour qui lui est renouvelé 2 fois. Cette carte de séjour lui permet de trouver du travail : ménages, repassage et d'accéder à un logement décent.</p> <p class="spip"><span class='spip_document_31 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/expulsion.jpg' width="500" height="386" alt="" /></span></p> <p class="spip">Eric a de gros problèmes de santé qui nécessitent consultations, bilans, traitements. La vie n'est pas terrible, mais avec l'obtention de la C.M.U, son travail, les quelques aides financières ponctuelles d'Ernest et de la mère de celui-ci, elle arrive à faire face aux frais entraînés par la maladie de l'enfant et sa scolarisation en école maternelle. Ernest va chercher l'enfant à l'école quand Rose Aimée travaille, Eric va faire des courts séjours dans la famille de son père. Enfin pour tout le monde, Ernest est le père et se conduit comme tel.</p> <p class="spip">Et puis, catastrophe ! Lors des démarches pour le renouvellement de sa carte de séjour, la préfecture la lui refuse prétextant qu'une enquête est nécessaire. La déclaration de paternité d'Ernest leur paraît suspecte au motif qu'ils ne vivent pas ensemble et qu'il a reconnu récemment un autre enfant de mère haïtienne. Au bout de quelques mois, à la place du titre de séjour, Rose Aimée vient de recevoir une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).</p> <p class="spip"><strong class="spip">Cette histoire n'est pas exceptionnelle... Comme il faut « faire du chiffre » et réaliser un quota d'expulsions, la chasse au faux est ouverte </strong> : faux malades (la Ligue des Droits de l'Homme de Guadeloupe est intervenue récemment pour empêcher l'expulsion d'un « faux malade » atteint d'un vrai SIDA), et maintenant la chasse aux faux pères.…en jouant sur l'ambiguïté de la notion de paternité. Qu'est ce qui l'emporte aux yeux des autorités, la paternité biologique ou la paternité « civile », celle de l'ADN ou celle de la reconnaissance ? Est-on père parce que l'on s'occupe de l'enfant ? Le « mauvais père » n'est- il plus un père ? etc…On le voit ,la maréchaussée va être confrontée à des problèmes philosophiques sérieux et l'on peut craindre l'absence de délicatesse des réponses.</p> <p class="spip">Eric qui voit régulièrement, avec plaisir, un homme dont il porte le nom, qui se comporte avec lui comme un père et qui est reconnu comme tel par tout son entourage va avoir du mal à comprendre que c'est pour le mettre à l'abri d'une paternité que les autorités imaginent frauduleuse (5 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende si cela est reconnu) que l'on veut expulser sa mère et, pourquoi pas, mettre en prison son père.</p> 2008-09-30T23:02:00Z text/html fr F.B, D.J Préservons notre JP ! http://www.lemikadechaine.com/Preservons-notre-JP.html <p class="spip">JP armé de son seul bâton de pèlerin ambitieux regarde avec un trop plein d'espoir ce monde déjà d'un autre monde. Lui ne jure que par des jouets made in Gwada, ces mêmes jouets auxquels ont eu droit nos parents dont la créativité, l'inventivité, l'imaginaire culturel a pu être préservés. Hier, moi je ne jurais que par mes jouets made in China jusqu'à ce que je découvre les discours de JP, la foi de JP et le travail de JP.</p> <p class="spip"><span class='spip_document_32 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:200px;'> <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/jouet.jpg' width="200" height="200" alt="" /></span></p> <p class="spip">JP c'est un signe de reconnaissance et c'est à double sens. Ca veut dire « Jeux et Patrimoine » pour le grand public mais ça veut dire aussi « jean - Paul » pour les intimes. Et Jean –Paul, lui, connaît et pratique encore la langue des anciens avec ses mots intemporels qui ne nous appartiennent plus, des mots - perdus de vue, des mots comme : « BANZA, PILEKAKO, ZIZIPAN, KABWA, I KA- I PA KA… » Aujourd'hui, grâce à JP, je sais que je peux m'amuser en déployant naturellement et humainement les forces et les atouts de ma personnalité, je peux jouer en sentant la fraternité qui me lie à mes rivaux, je peux perdre et gagner dans le même éclats de rire, je peux vivre ce que mes parents ont eu la chance de vivre sans culpabiliser de leur fameux et imparable « lé en té ti-moun nou pa té ni l'agent mè nou té sav joué en tout' simplicité é plézi »</p> <p class="spip">Alors merci à JP de me rendre mon dû et d'assurer la transmission intergénérationnelle. Merci à ce jeune homme de convictions qui mène un combat à la fois humain, politique, social et surtout culturel. Merci de nous rappeler que le jeu est aussi le propre de l'homme et qu'il nous permet de nous réconcilier avec nous même, avec l'autre, avec notre histoire et notre actualité. Avec son petit fourgon et sa grande gentillesse il rencontre des maitres d'école pour offrir du bonheur ludique à nos enfants, puis il rencontre les maires de communes pour nous toucher et raviver notre cœur d'enfant pendant les fêtes de quartier. Il poursuit sa quête et ses conquêtes d'espace de liberté, de sens et de savoir pour mettre le tout en partage. Il montre et explique l'art du jeu envers et contre tous TF1 et Playstation. C'est son travail, sa vocation, et son gagne –pain en attendant la multiplication des pains bénits de la réhabilitation miraculeuse du patrimoine culturel antillais. Alors ne le laissons plus crier dans un désert tel un héros des temps moderne et passé, et surtout prenons notre part de responsabilité et… de JP.</p> 2008-09-30T23:02:00Z text/html fr L'équipe du Mika Recherchons Nat désespérément http://www.lemikadechaine.com/Recherchons-Nat-desesperement.html <p class="spip"><strong class="spip">Coucou, je suis le naturel. Mes amis me surnomment Nat'</strong>. C'est un petit surnom très répandu certes, mais cela ne reflète pas vraiment ma popularité. En effet, avez-vous déjà observé que beaucoup de ce qui vous entoure perd de son côté originel pour en arriver à un côté dénaturé ? Prenons quelques exemples : <br> <strong class="spip">Votre Alimentation </strong> : La plupart de vos produits alimentaires sont transformés, transgénisés, aspartamés. Qu'il s'agisse de votre eau qu'on édulcore à toutes les sauces (eau à la fraise, eau à la vanille, eau au soja, etc…), de vos jus de fruits vendus en grande surface auxquels on ajoute des adducteurs de goût assaisonnés d'aspartame ou de vos légumes que l'on traite pour qu'ils aient meilleur parfum, meilleure couleur ou meilleur aspect. Je suis bannie au détriment d'un mercantilisme alimentaire de profit. <br> Pour tenter de me faire survivre dans cet imbroglio d'aliments transformés, vous m'avez mise à l'honneur en m'enlevant ce côté peut-être vieillot que je pouvais véhiculer et en insistant plutôt sur mes qualités gustatives et mes vertus. Vous me dites « BIO » c'est plus fun, plus cool : je suis plus appréciée mais je coûte plus cher car je suis devenu un produit rare, un produit privilégié en voie de disparition…</p> <p class="spip"><strong class="spip">Vos accessoires esthétiques</strong> ont quant à eux le vent en poupe : faux cheveux, faux ongles, faux cils, faux seins, fausses fesses, faux abdos, fausses blondes, fausses brunes. La mode s'emploie à mettre l'accent sur des cheveux plus lisses ou plus longs, des yeux plus clairs ou plus foncés, des poitrines plus volumineuses et plus fermes. L'interchangeabilité de la couleur de vos yeux, de la texture de vos cheveux, ou de la longueur de vos ongles ou de vos cils a la cote. Le changement d'image sans trop d'effort annonçait ma mort certaine.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Et puis, observez votre faune et votre flore qui flirtent avec la science.</strong> Apparaissent sans cesse de nouveaux paysages et de nouvelles espèces d'animaux nés de reconstitutions, de transformations, de fusions et de greffes génétiques : on parle de plus en plus de lacs ou de plages artificiels, de fleurs greffées, d'animaux clonés. Pouvez-vous encore dire qu'il s'agit de la nature quand on ne peut même plus faire la différence entre une vraie et une fausse étendue d'eau ? <br> <strong class="spip">Même l'enfantement a droit à sa touche scientifique.</strong> Bien heureux ceux qui sans la science n'auraient pas pu avoir d'enfant. Mais au-delà de tout cela, on en arrive à influer sur le sexe de vos progénitures et à choisir comme dans un catalogue fille ou garçon.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Alors, que reste-t-il de moi ?</strong> Moi qui suis noyée dans ce monde de modernité où tout doit aller vite, où tout doit coûter moins cher. Je suis perdue dans ce labyrhinte de contrefaçons et la nature première des choses perd tout son attrait. <strong class="spip">Dans 5, 10 ou 20 ans, serai-je encore de ce monde ?</strong> Cherchez moi et vous verrez que vous aurez bien du mal à me trouver…</p> 2008-09-30T23:00:00Z text/html fr Cklo COLVIL L'expulsion ratée du mois http://www.lemikadechaine.com/L-expulsion-ratee-du-mois.html <img src="http://www.lemikadechaine.com/IMG/arton5.jpg" alt="" align="right" width="110" height="79" class="spip_logos" /><p class="spip"><span class='spip_document_3 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/coup-de-poing.jpg' width="235" height="300" alt="" /></span></p> <p class="spip">Une fois n'est pas coutume nous vous livrerons l'histoire d'une (voire plusieurs) expulsion(s) ratée(s). Histoire qui vaut son pesant de cacahuètes et qui va faire sourire dans les chaumières.</p> <p class="spip">Dans le droit fil de sa vieille et longue tradition « collaborationniste », le France-Antilles du 17 Mai dernier nous montre un exemple « de léchage de botte aux autorités » en bonne et dûe forme.</p> <p class="spip">En effet, faisant sa « Une » sur le travail illégal, nous avons eu droit à un vibrant hommage au travail mené par la gendarmerie et le parquet de Pointe à Pitre dans sa lutte de chaque jour contre le travail illégal et les sans-papiers.</p> <p class="spip">Photo couleur d'un chantier en première page accompagné de son énorme titre « COUP DE POING AU TRAVAIL ILLEGAL » racole le futur lecteur pour le renvoyer à un article plus modeste en page 3.</p> <p class="spip">En page 3 donc, on y apprend que « tuyautés » (on ne remerciera jamais assez tous ces gens qui écrivent à la police) la gendarmerie du Moule (cinq véhicules) renforcé d'une patrouille de Port-Louis et d'un escadron de gardes mobile (excusez du peu !) avaient décidé de frapper un grand coup.</p> <p class="spip">Ils investissent donc le chantier dénoncé (par le tuyau anonyme), « où ils pensent trouver des employés non déclarés et en situation irrégulière ». « Une vraie fourmilière » nous précise le journaliste reprenant les propos capitaine Pallot. Une fois l'humanité des travailleurs reconnue, le convoi de gendarmes, qui s'est déplacé rien que pour ça, les interroge : papiers, contrat, numéro de sécu, enfin la routine…</p> <p class="spip">Tout ce déploiement de moyens militaires pour constater, nous écrit France-Antilles que, « finalement, tous les Haïtiens, Dominiquais ou Dominicains qui travaillent sur le chantier - et il y en a un certain nombre - sont en situation régulière » ! On nous précise quand même que six employés n'étaient pas déclarés et que la vendeuse de sandwiches en estafette n'avait pas de licence pour vendre ses bières et n'était inscrite au Registre du commerce. Wouaw !!!</p> <p class="spip">On ne louera jamais assez l'abnégation de ces militaires qui s'agitent pour rien, sinon faire peur, un peu, et, humilier, beaucoup.</p> <p class="spip">On reste muet d'admiration face au courage de ces journalistes embarqués dans une opération de police foireuse, qui manifestement devait être très médiatisée.</p> <p class="spip">Ils n'hésitent pas à affronter le ridicule : des arangues grandioses en première page, puis développements pitoyables ensuite dans l'article des pages intérieures.</p> <p class="spip">Mais par contre aucun questionnement sur la politique d'immigration actuelle qui est obnubilée par la répression et les reconduites à la frontière. Aucun mot non plus, sur ces autorités qui dans leur obsession du chiffre et du quota, s'agitent de plus en plus follement.</p> <p class="spip">Il faut cependant leur reconnaître, que grâce à leur travail on a pu être informé sur ce superbe fiasco essuyé par une imposante opération commando (contre notamment les sans-papiers).</p> <p class="spip">Ce mois-ci il n'y aura donc pas de médaille (les gendarmes ayant fait choux blanc) mais au regard de l'effort d'information de nos amis du France-Antilles, nous avons pensé qu'ils méritaient un « prix spécial ».</p> 2008-07-01T17:02:00Z text/html fr F.B. Concours de l'expulsion du mois http://www.lemikadechaine.com/Concours-de-l-expulsion-du-mois.html <img src="http://www.lemikadechaine.com/IMG/arton69.jpg" alt="" align="right" width="110" height="105" class="spip_logos" /><p class="spip">Edson est arrivé en Guadeloupe dans les années 70. Coupeur de cannes, il a travaillé dur et il est parvenu à avoir sa carte de résident. Mais il a dû laisser femme et enfants en Haïti. Alors avec son titre de séjour, il allait et venait pour voir sa famille de l'autre côté de la mer. Et dans toutes ses pérégrinations, Edson a eu de Delva, son épouse, 6 beaux enfants (vivants).<br> Alors en 2002, il se dit qu'il est temps de faire venir sa famille auprès de lui, en Guadeloupe. Il fait donc une demande de regroupement familial pour Delva et les deux derniers enfants mineurs. Et alors qu'il remplit toutes les conditions, sa demande reste sans réponse. Il s'en inquiète mais on lui répond qu'il faut faire une enquête sociale et que cela prend du temps. <br> Or, ce qu'Edson ne sait pas, c'est qu'au bout de deux mois, le silence de la Préfecture vaut refus (tacite), et que ce refus peut être attaqué (mais seulement dans un délai de quelques mois). Il faut avouer qu'Edson n'est pas né avec le détail de la réglementation française en matière d'étrangers dans la tête (et je crois qu'il n'est pas le seul). Bref, comme Edson croit ce qu'on lui dit, il se contente d'attendre sagement que l'enquête sociale se passe. Il attend, il attend, puis il attend encore. Rien.</p> <p class="spip">Mais en 2003 Edson se sent fatigué, à tel point qu'il est obligé de quitter son emploi. Très vite il se sent tellement fatigué qu'il n'arrive plus à se débrouiller tout seul dans les actes de tous les jours. Alors à force d'attendre, il fait venir Delva sans visa.</p> <p class="spip">Malheureusement en Aout 2005, Edson dans son extrême fatigue, fait un infarctus (une fracture du cœur comme il dit). C'est assez grave et il subit même une intervention chirurgicale en Martinique. Pour se remettre de son opération Edson fait une demande à la préfecture d'un titre de séjour pour sa femme au motif que son état de santé nécessite la présence d'une tierce personne. Alors, Delva obtient enfin des papiers. Oh, il ne s'agit que de simples « autorisations provisoires de séjour » de 3 mois, mais elles sont renouvelées plusieurs fois, sans aucune difficultés.</p> <p class="spip">Cependant Edson ressort de son infarctus affaibli à jamais, à tel point qu'il est considéré comme « adulte handicapé ». Et en Avril 2007, fort de sa situation et des papiers que sa femme a obtenu pendant sa convalescence, il refait une demande de regroupement familial.</p> <p class="spip">Et cette fois, la réponse ne se fait pas attendre. On lui refuse le regroupement familial au premier motif qu'il ne remplit pas les conditions de salaire (alors que les « adultes handicapés » ne sont pas soumis à des conditions de revenus). Puis on invoque le fait que « la femme pour laquelle il demande le regroupement familial est déjà en Guadeloupe » et qu'on ne peut regrouper que ceux qui sont à l'étranger (c'est le principe même du regroupement). Or Delva sa femme, avait obtenu de cette même préfecture des papiers provisoires en raison de la maladie d'Edson, cette même préfecture savait que Delva était là et pourquoi elle était là. Elle savait surtout que dans l'esprit d'Edson cette demande de regroupement était une simple régularisation de la situation de sa femme, et qu'elle avait surtout pour but de faire venir les enfants (au moins les plus jeunes)…</p> <p class="spip">Mais il en a été autrement, la Préfecture refuse carrément le regroupement familial pour toute la famille en invitant Edson à « prendre toutes les dispositions nécessaires pour que son épouse regagne son pays d'origine », et en lui assurant « qu'il pourra, dès son retour en Haïti, de nouveau solliciter un regroupement familial ».<br> Et une mauvaise nouvelle ne venant jamais toute seule, ce refus est accompagné d'une OQTF (obligation de quitter le territoire français) au nom de Delva.</p> <p class="spip">Et ce qui devait arriver arriva, en Janvier 2008 les gendarmes de Petit-Bourg viennent chercher Delva chez elle, pour la conduire au Morne Vergain et l'expulser dans la foulée.</p> <p class="spip">Aux dernières nouvelles, Delva est en Haïti et a retrouvé ses enfants, elle attend avec impatience de pouvoir rejoindre son mari malade pour lui porter assistance, et accompagnée de ses enfants cette fois-ci. Mais Edson n'est pas au bout de ses peines, car l'administration ne veut pas lui redonner un dossier de demande de regroupement familial au motif qu' on le lui a déjà refusé. Et ce, en dépit des recommandations que la Préfecture avait elle-même inscrite sur sa lettre de refus. Edson, malgré la maladie, a décidé de se battre, mais la bataille est loin d'être gagnée...</p> 2008-06-01T14:24:00Z text/html fr A.S. Concours de l'expulsion du mois http://www.lemikadechaine.com/Concours-de-l-expulsion-du-mois,90.html <p class="spip">Altagrace est née en Haïti en 1984. Elle arrive en Guadeloupe de manière clandestine en 2003 alors qu'à cette même époque une nouvelle escalade de violence sévit en Haïti (enlèvements, rackets, assassinats). <br> Peu de temps après, elle rencontre Bénisoit, un haïtien qui est en Guadeloupe depuis 1984. Il dispose d'une carte de résident car il a bénéficié des dispositifs -valables à l'époque- de la régularisation des immigrés présents sur le territoire français depuis 10 ans. Ils ont eu ensemble une petite fille, née fin 2004, qui est reconnue par son papa. Le couple vit ensemble et le papa s'occupe bien de son enfant. L'enfant a un document de circulation.<br> En Août 2006, la Police aux Frontières (PAF) vient arrêter Altagrace. dans sa maison. La mère et l'enfant sont amenées au centre de rétention. <br> Le père de l'enfant alerté fait appel à un avocat. Et la mère et la fille sortent du centre de rétention pour être assignées à résidence.<br> Sur le document intitulé « Assignation à résidence » remis à Altagrace est inscrit la mention « Récépissé de remise de passeport ». Ce document explique que la mère fait l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Mais il constate cependant que (sur instructions du juges de liberté et de détention) Altagrace a remis son passeport. Il est précisé que la mesure d'éloignement est en instance d'exécution et que Altagrace doit prendre tous les moyens pour quitter le territoire dans un délais maximum de 15 jours en avisant le Centre de Rétention Administratif (CRA) pour la restitution de son passeport avant son départ. Enfin elle est informée qu'elle devra se présenter quotidiennement à la gendarmerie du Lamentin.</p> <p class="spip">Depuis 2006, elle vit avec sa petite fille et son compagnon et elle va pointer tous les jours à la gendarmerie du Lamentin.<br> La petite fille qui a aujourd'hui 3 ans et demi souffre de troubles du langage, d'une instabilité psychomotrice, a des difficultés à nouer des relations avec les étrangers. Pour éviter une évolution catastrophique de l'état de sa petite fille, Altagrace a été orientée, par les médecins de P.M.I. vers une structure de soins médico-sociale s'occupant de prévention, de dépistage précoces et de soins précoces. Elle s'est déjà rendue à deux rendez-vous et le troisième était prévu le 13 mars 2008. Le Lundi 10 mars au matin, alors que Altagrace va signer comme tous les jours à la gendarmerie elle est arrêtée. Sa petite fille est restée avec son père. Et sans avoir eu le temps de dire aurevoir à sa fille et à son compagnon, au début de l'après-midi, elle était déjà dans l'avion en partance pour Port au Prince.</p> <p class="spip">Que va devenir sa petite fille ? Pourra t'elle continuer efficacement ses soins alors que sa maman n'est plus là, qu'elle est partie sans billet de retour ?</p> 2008-05-01T00:02:00Z text/html fr Alexe Sédé