Le Mika Déchaîné http://www.lemikadechaine.com/ fr Le Mika Déchaîné http://www.lemikadechaine.com/IMG/siteon0.png http://www.lemikadechaine.com/ Mentions légales http://www.lemikadechaine.com/Mentions-legales.html <p class="spip">La responsable de publication, éditrice et responsable légale est Gladys Démocrite, qui peut être contactée à l'adresse <strong class="spip"> gladysdemocrite (arobaz) lemikadechaine.com </strong>.</p> <p class="spip">Le site est hébergé sur un serveur dédié loué par le webmaster, qui assume donc la responsabilité d'hébergeur et qui peut être contacté via cette adresse email (à préférer, pour une réponse rapide) : <strong class="spip">webmaster (arobaz) fuit.es</strong> ou sinon par courier : Mathieu Lopes - 78 rue Romain Rolland - 93260 Les Lilas - (+33)601878088</p> 2012-10-22T08:04:00Z text/html fr Gladys Démocrite Topo sur la grève à destination des lecteurs en France sur Agoravox http://www.lemikadechaine.com/Topo-sur-la-greve-a-destination.html 2009-01-29T11:46:15Z text/html fr Deor Ti Malo répond à Ernest Pepin... http://www.lemikadechaine.com/Ti-Malo-repond-a-Ernest-Pepin.html <p class="spip">Ti Malo nous honore dans <a href="http://www.caribcreole1.com/news/guadeloupe/1,886,26-01-2009-ti-malo-repond-a-ernest-pepin-.html" class="spip_out">sa réponse à M. Pépin</a>, en nous rangeant dans la liste de la presse non complaisante.</p> <p class="spip"><i class="spip">Ou ka pléré zyé aw sek : pa ni jounal ka konsyantizé. Wadi ou pa dwèt ka achté jounal dépi on ti moman. Pas dapré mwen, « Progres Social » po ko mò, « Le patriote » ka egzisté, é « Le Mika Déchainé » pa ka moli. E si yo pon yonn pa ka plèw, ka ki ka anpéché'w fè on jounal ?</p> <p class="spip">Vous vous lamentez qu'il n'y pas de presse capable de conscientiser. Sans doute n'avez pas été en kiosque depuis longtemps. Car, que je sache, « Le Progrès Social » parait encore, « le patriote » est publié et « le Mika déchaîné » est loin d'être complaisant. Et si aucun de ces journaux ne vous convient, qu'est-ce qui vous empêche de proposer autre chose ?</i></p> 2009-01-27T19:20:38Z text/html fr Deor Haut les prix ceci est un hold-up ! http://www.lemikadechaine.com/Haut-les-prix-ceci-est-un-hold-up.html <p class="spip">Des 15 € avec lesquels « t'as plus rien », seulement une partie marginale rémunère le producteur, pourtant créateur de base de richesse. Et c'est pourtant dans cette « distance » entre le consommateur final et celui qui réellement « produit », que disparaît finalement la plus grande partie de nos 15 €, c'est-à-dire dans la commercialisation du produit. La grande distribution, qui intervient justement à ce niveau, a créé un environnement où elle gagne sur les deux plans : sa relation avec les clients et sa relation avec les fournisseurs. C'est le lieu du braquage du siècle, encore mieux organisé que le casse de Spaggiari à Nice car il se fait continuellement et sur des sommes gigantesques.</p> <p class="spip"><span class='spip_document_93 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/haut_les_prix.jpg' width="600" height="471" alt="" /></span></p> <p class="spip">La grande distribution en Guadeloupe rassemble, entre autres, les Carrefour, Cora, Ecomax, Leader Price, Huit à huit, Match. Ce sont les supermarchés ou hypermarchés où nous faisons nos courses. On y trouve de tout, on se sert et on va à la caisse. Le côté pratique, c'est qu'on trouve dans un même lieu sa brosse à dent et sa brosse à chiottes. Le métier, le savoir faire, la plus-value qu'apportent les grandes surfaces dans la chaine qui va du producteur au consommateur se résume donc ainsi : elles achètent en grandes quantités des produits de toutes sortes, les mettent en rayons pour les vendre au détail à des clients et veillent à ce que leurs stocks permettent de suivre la rotation des produits dans les rayons. Ce sont des commerçants, comme le lolo du coin, et ils rémunèrent ce métier en revendant le produit plus cher que le prix qu'ils ont payé au fournisseur.</p> <p class="spip">« Le regroupement des magasins en chaînes leur permet de mener des opérations de communication d'envergure. Ils fonctionnent selon une politique d'achats groupés qui leur permet de jouer sur les prix. » (http://www.studyrama.com). Les grandes surfaces, contrairement au lolo du coin, se sont dotées d'une organisation qui leur « permet » par exemple de toucher une très large clientèle et ainsi de disposer d'une force de négociation face à leurs fournisseurs pour faire baisser les prix. Les petits commerçants généralistes et spécialisés, ne disposant pas de cette organisation survivent difficilement à cette guerre des prix et sont condamnés à se marginaliser.</p> <p class="spip">Face à eux dans ce rapport de force, il y a d'une part les négociants qui vendent plusieurs produits importés et/ou locaux ,qu'ils ont eux même achetés à des producteurs, et d'autre part les producteurs guadeloupéens, pécheurs, éleveurs, agriculteurs ou industriels. Tous souhaitent évidemment avoir accès à cette demande abondante rassemblée en un seul lieu et certains en dépendent complètement. Les pêcheurs (producteurs) et mareyeurs (négociants), comme les éleveurs et certains agriculteurs notamment la considèrent désormais comme un débouché indispensable car nous allons de moins en moins à leur contact dans les marchés.</p> <p class="spip">Mais étant « indispensables pour tous », les supermarchés et consorts peuvent facilement imposer leur conditions à tous les acteurs de la filière de production : le référencement, qui est le droit d'apparaître sur la liste de fournisseurs potentiels des distributeurs affiliés à la centrale d'achat, est un vrai un parcours du combattant.</p> <p class="spip">La première étape en est de réussir à prendre contact avec le responsable achat d'une grande surface. Celui-ci n'est pas toujours très disponible puisqu'il est courant qu'il se charge des achats pour la zone antillo-guyanaise dans sa globalité. Premier test de votre endurance : vous pouvez patienter pendant un trimestre entier avant qu'il ne vous accorde un rendez-vous ! Après ce délai, et si vous avez été bon élève et apporté tous vos devoirs (un échantillon de chacun de vos produits, préparé la liste des codes barres, la liste de vos prix et surtout une estimation de vos ventes sur l'année), il peut encore s'écouler de trois mois à un an, en fonction de votre habilité à relancer monsieur l'acheteur et de l'intérêt que votre produit peut représenter, avant que ne soit mis en place un contrat de référencement..</p> <p class="spip">Pourquoi ces délais ? Parce que les magasins s'assurent ainsi de la solidité des reins de celui avec qui ils vont traiter. Et oui, tout est pensé ! Mais revenons à notre contrat de référencement. Ce document détermine les obligations des uns et des autres, fixe des conditions de prix et de délais et instaure un système de ristournes obligatoires (qui grandissent avec les quantités vendues) et de services fournis au fournisseur. (Non ce n'est pas une coquille vous avez bien lu « fournis au fournisseur », c'est un peu l'arroseur arrosé en moins poétique, on y reviendra). Il n'y a donc aucune place pour la négociation, soit le fournisseur signe et s'engage à respecter toutes les conditions, notamment le prix, soit il ne signe pas et la relation s'arrête. Le distributeur fixe un prix de vente, lui permettant dans l'idéal de battre la concurrence, sur ce prix il applique la marge qu'il juge acceptable et obtient le prix auquel il va proposer de l'acheter à son fournisseur. Revenons sur l'exemple de la filière pêche car les écarts de prix entre les marchés et les supermarchés sont conséquents (Cf tableau comparatif des prix). L'acheteur du supermarché fixe un prix d'achat à un grossiste, qui après en avoir déduit sa propre marge propose son prix d'achat aux pécheurs. Si un supermarché propose à la vente 1 Kg de Daurade fraiche à 20€, il demande à un mareyeur de lui en fournir à 10 €/ kg, Celui-ci se rend donc sur un port de pêche et propose de l'acheter 8€/kg aux pécheurs voire beaucoup moins. Les producteurs ne peuvent donc jamais fixer un prix de vente en fonction de leurs coûts d'exploitation et doivent dans ce système accepter le prix qui leur est proposé, quitte à perdre de l'argent quand leurs charges augmentent (augmentation du prix du pétrole par exemple). D'autant plus, je vous le rappelle, que le métier d'un pêcheur n'est pas la vente.</p> <p class="spip">Le fournisseur gagne donc par maints efforts le droit d'être référencé, mais son produit n'est pas encore forcément en rayon. Par ailleurs, le distributeur peut favoriser ou non les ventes du produit en le plaçant plus ou moins bien dans les rayons. Le fournisseur est donc toujours en situation de demandeur et devra consentir encore à quelques efforts financiers pour que son produit soit bien vendu. Au cours de la vie du contrat de référencement, renouvelable annuellement, il doit payer le distributeur pour qu'il place ses produits en rayons et gère son stock, c'est-à-dire pour qu'il exerce son métier. Le distributeur qui par définition se paie par la marge sur le prix de vente, se paie une deuxième fois par ce système de marge sur le prix d'achat appelée « marge arrière » et qui revêt plusieurs formes. Dans la pratique, si le distributeur veut gagner un peu plus de marge arrière, il s'arrange pour que le produit ne soit pas « bien » mis en rayon et force son fournisseur à venir « négocier » une meilleure place, l'idéal étant la tête de gondole.</p> <p class="spip">Sachez par ailleurs que lorsque une opération de promotion sur le lieu de vente est réalisée, elle est entièrement supportée par les producteurs et négociants fournisseurs des grandes surfaces, sachez qu'un fournisseur doit payer le fait de figurer sur un catalogue de vente et bien souvent baisser son prix par la même occasion car qui dit catalogue dit offre promotionnelle. Les ventes des grandes surfaces augmentent ainsi grâce à une communication financée par les fournisseurs et les acheteurs ont la possibilité de sanctionner ceux qui n'y participent pas assez par une mauvaise place dans les linéaires ou par le non renouvellement du contrat de référencement. Gardez bien en tête que lorsque votre grande surface vous propose une promotion qui se matérialise par une baisse des prix, elle la répercute, dans la majeure partie des cas, sur son fournisseur qui préférerait certainement que l'effort sur la baisse de la marge soit partagé avec le distributeur.</p> <p class="spip">Jusque là, le producteur a relancé le magasin, payé pour que son produit soit bien placé, payé pour que son produit fasse partie des promotions sur le catalogue en papier glacé, peut-être aussi pour mettre une jolie personne pour promouvoir son produit…mais, et sans lui gâcher sa joie, ça ne suffira pas. Il lui faudra aussi payer un pourcentage sur le chiffre d'affaire (je n'ai pas dit bénéfice) qu'il fera.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Le rapport de force qui s'exerce dans la négociation entre la grande distribution et ses fournisseurs est, de toutes les façons, toujours en faveur des grandes surfaces.</strong> En effet, quelle que soit l'organisation en face, si la grande distribution décide de ne pas référencer son produit, la perte d'opportunité est immense pour le producteur ; elle concerne des ventes à très grande échelle. Par exemple, bien que Coca-Cola soit par la taille et la puissance bien supérieur au Groupe Bernard Hayot, si les supermarchés de ce groupe décident de ne pas référencer la boisson gazeuse, Coca perd énormément d'argent. Mais le rapport, sans être équitable, reste viable car Coca-Cola est un leader sans réel concurrent qu'il convient d'avoir dans sa gamme afin d'avoir l'offre la plus complète possible. Si on n'y trouvait pas aussi des produits frais, on serait certainement amené à s'y rendre moins souvent, et on achèterait globalement moins de produits annexes à notre alimentation. Si on n'avait pas « besoin » de yaourts, on n'aurait peut-être jamais eu envie de lessive parfum citron-pays. Bref, que tout soit concentré nous permets de découvrir plein de nouveautés et ainsi d'acheter plein de produits, qui sans la grande distribution n'auraient jamais été créés, faute de canal approprié à la vente.</p> <p class="spip"><span class='spip_document_94 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:371px;'> <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/gd.jpg' width="371" height="360" alt="" /></span> Le rapport se durcit quand l'interlocuteur est de plus petite taille et n'a pas d'autre débouché que la grande distribution alors que celle-ci dispose de multiples sources d'approvisionnement. Rappelons que, au vu de notre consommation globale, il est indispensable de faire appel aux produits importés : la production locale ne suffit pas. « Nous ne produisons rien en Guadeloupe », me lance un négociant. Ce n'est pas tout à fait vrai, mais nous ne produisons pas assez. La grande distribution doit faire appel à l'importation pour compléter son offre. Et du coup, car les produits importés peuvent revenir moins chers finalement, elle pourrait presque se passer des producteurs locaux. Sur ce triste constat, les producteurs sont alors mis en concurrence pour vendre aux supermarchés et celui qui propose le prix le plus bas obtient le marché.</p> <p class="spip">Ainsi, avant la signature de la charte de juillet 2008, cette mise en concurrence directe de l'importation avec les produits locaux étaient réalisées lors des ventes promotionnelles. Par exemple pendant le Carême, alors que traditionnellement on ne mange pas de viande en Guadeloupe et que c'est « la saison des daurades », les grandes surfaces proposaient régulièrement des promotions sur de la daurade congelée importée. La charte signée (CF article Vivement le sashimi thon made in Gwada ) perçue par certains producteurs comme une amorce de « pacte de non agression » vient aujourd'hui réglementer ces rapports. Les groupes de la grande distribution ont consenti à renoncer à ce type de promotion. L'état est intervenu, il reconnaît donc qu'il y a matière à réglementer pour la protection des producteurs face aux géants de la grande distribution.</p> <p class="spip">Il est donc nécessaire que les producteurs se fédèrent pour disposer d'un poids de négociation suffisant et avoir des relations plus équilibrées. C'est ainsi que la fédération nationale des producteurs de légume-s, en Métropole, a obtenu gain de cause face à Carrefour (Cf article Carrefour label de la bête), sans risquer de perdre sa place dans les linéaires de ce distributeur. Nos grandes surfaces ont besoin de l'offre de nos producteurs locaux, pour avoir une offre complète et pour des raisons d'image, le rapport de force peut donc être plus équitable si les producteurs en ont conscience et sont organisés.</p> <p class="spip">Enfin, souvenons-nous que c'est notre propre consommation qui donne cette force aux magasins. Nous pourrions, pour certains produits, nous passer de ce circuit de distribution, et les producteurs comme les consommateurs auraient alors à gagner : le producteur vend plus cher directement au consommateur qu'aux grandes surfaces donc gagne plus, et le consommateur paie moins chez le producteur que dans la grande surface. Il ne tient qu'à nous, donc, qu'une partie de la richesse créée en Guadeloupe échappe à la main basse du gang des distributeurs franchisés.</p> 2008-12-26T16:07:36Z text/html fr Christina Serbe, Alexe Sédé Essence à 1,77€ en Guyane http://www.lemikadechaine.com/Essence-a-1-77EUR-en-Guyane.html <p class="spip"><span class='spip_document_117 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/essence.jpg' width="271" height="197" alt="Essence à 1,77€ en Guyane" title="Essence à 1,77€ en Guyane" /></span> Ce qui diverge, ce sont les justifications et la manière de présenter ces chiffres. La région donne ces parts sans plus de détail et précise l'utilisation de ces taxes par les collectivités territoriales : entretien et constructions de routes et contribution au désenclavement aérien par des aides aux billets d'avion pour les habitants des zones enclavées. En somme, cette taxe sert à assurer un service public normal dans cet immense territoire.</p> <p class="spip">Le Medef, représentant du monde patronal, semble vouloir s'expliquer des terribles charges des entreprises et pointer du doigt les taxes perçues par les acteurs publics. Ainsi, ils s'attachent à séparer les taxes de l'octroi de mer et préciser la part de chacun : octroi de mer de la région, octroi de mer des autres collectivités, taxe des communes, taxes du département, taxes de la région, taxe de la SMTC (Syndicat mixte de transport en Commun, qui gère donc les bus en Guyane). On le comprend vite, le MEDEF dénonce de trop nombreuses taxes pour expliquer un tel prix. Les totaux sont donnés en gras pour chaque part, comme le total des taxes des collectivités : 48,4 millions d'euros par an. Soit.</p> <p class="spip">C'est que dans cette répartition, le privé et en particulier la SARA se taillent la part du lion. Le MEDEF explique cela par des frais, la marge des pétroliers, celle des stations-service, mais reste étonnamment silencieux sur le bénéfice de la SARA. On sait que l'essence est achetée 0,23€ aux raffineries en métropole, que la SARA justifie des frais (amont et transport) de 0,07€. En calculant grossièrement, il manque 0,5€ au total, qui seraient donc le bénéfice de la société. Le MEDEF invoque, en gras, un prix-plancher, et s'interroge sur d'éventuelles taxes de l'Etat. Renseignements pris auprès des douanes, il n'y a pas de taxe sur les produits pétroliers de l'Etat pour les DOM, et le prix-plancher n'évoque rien à personne.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Comme visiblement le MEDEF est très fort pour calculer les totaux perçus par les collectivités, mais pas pour le total de la SARA, nous l'avons fait pour lui (entre amoureux de la vérité, on peut s'entraider) : au minimum 46 millions d'euros, soit à peu près le même montant que les collectivités locales.</strong> On veut bien croire qu'une petite part de l'argent de la région Guyane puisse éventuellement se perdre dans quelques cocktails et voitures un peu trop luxueuses, mais, pour l'essentiel, cet argent sert effectivement à tous - en tout cas à ceux qui roulent - puisqu'il sert à des constructions de routes (notons tout de même que ces routes sont commandées à des entreprises, privées, qui y trouvent sûrement leur compte). Mais pour la Sara, l'argent profite uniquement à une poignée d'individus, heureux actionnaires, qui jusqu'à preuve du contraire, font rarement don de cette manne pour le bien-être de tous.</p> <p class="spip">Mais tout de même, d'où peut venir cette hausse, alors que le cours du pétrole s'effondre, crise financière oblige ? Jean-Marie Taubira, conseiller municipal de Cayenne, indique sur son site internet le prétexte invoqué par la SARA sur RFO : la hausse aurait commencé lors de plaintes contre la société qui fournissait de l'essence non conforme aux normes européennes. Il aurait alors fallu s'équiper pour corriger le tir. Visiblement, pas question, pour ça, de rogner, même temporairement, sur les marges...</p> <p class="spip">La colère de la population pourrait engendrer des violences de grande ampleur contre d'autres cibles que des pneus, des voitures et des poubelles (et depuis peu la police). On comprend que personne n'a envie d'être identifié comme responsable du niveau des prix de l'essence en pareilles circonstances, puisqu'il deviendrait alors une cible. Le patronnat guyanais commence visiblement à s'inquiéter. Ainsi, d'après Blada.net, L'UCLAK (Union des Commerçants, Libéraux et Artisans de Kourou) demande à ses membres d'afficher sur leurs vitrines et rideaux de fer « leur solidarité avec le mouvement contre le prix abusif du carburant ». La baisse, de 10 puis 30 centimes, annoncée par Yves Jégo, inclut un effort des collectivités (donc moins d'argent pour les routes), mais s'attaque-t-elle aux 50 centimes de marge des actionnaires ? Si oui, à quelle hauteur ? Après tout, 50 centimes de baisse, c'est précisément la baisse demandée par les manifestants.</p> 2008-12-01T19:09:00Z text/html fr Mathieu Lopes Nouvelle lettre de Victorin Lurel au Père Noël http://www.lemikadechaine.com/Nouvelle-lettre-de-Victorin-Lurel.html <p class="spip">Cher petit Papa Noël,</p> <p class="spip">Comme chaque année, à l'approche des fêtes de Noël, je t'écris afin que tu n'oublies pas mes petits souliers. Et chaque année inlassablement, mon cœur se remplit d'espoir en pensant au cadeau que je te réclame depuis tant de temps. Et toi mon petit Papa Noël, on dirait que tu n'entends pas mes soupirs, que tu ne vois pas à quel point je désire à tout prix, même au prix de toutes les concessions, de toutes les alliances, voire s'il le faut de toutes les trahisons être un Ministre, un Ministre de la « Fwanse ».</p> <p class="spip"><span class='spip_document_116 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/noel.jpg' width="411" height="268" alt="Nouvelle lettre de Toto Lurel au père noël" title="Nouvelle lettre de Toto Lurel au père noël" /></span></p> <p class="spip">J'ai pourtant été très sage cette année, je suis resté insensible aux sirènes d'une place de « Ministre d'ouverture » au sein du gouvernement de notre si présidentiel Sarkosy, mangeur de carrières politiques (voir la lettre de Noël de Victorin de l'an dernier dans le Mika n°3). Et je t'assure c'était pas si facile de garder la tête froide si près de l'avènement de mon rêve, mais j'ai tenu bon.</p> <p class="spip">Par contre, j'avoue que ces dernières semaines, j'étais un peu aux abois, mais il faut te mettre à ma place, petit Papa Noël. Je n'ai jamais de chance : à chaque fois que je tente quelque chose pour bien me placer en tant que « ministrable incontournable », je rate lamentablement mon opération de « stratégie politicienne ».</p> <p class="spip">Déjà j'ai soutenu avec force Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles. Mais « malheur pour moi », cette pauvre Ségo n'a pas gagné les élections et mon rêve s'est évanoui… C'était dur pour moi, mon petit Papa Noël.</p> <p class="spip">Mais je ne me suis pas laissé faire… J'ai pensé à toi et je me suis dit qu'il ne fallait pas faire deux fois la même erreur. Alors quand il a fallu soutenir un candidat pour l'élection du premier secrétaire du PS, j'ai bien regardé les sondages avant de me prononcer. Il fallait choisir entre Martine Aubry (l'historique), Bertrand Delanoë (le légitime héritier), Benoît Hamon (le jeune loup ambitieux) et Ségo (celle que j'avais tant soutenue mais qui depuis était un peu en perte de vitesse). Je me suis décidé, et j'ai changé mon fusil d'épaule en choisissant de soutenir Bertrand mieux placé dans les sondages plutôt que Ségo, qui m'avait empêché d'atteindre mon rêve ministériel. Comme ça, je me suis dit, que s'il gagne et que si dans quelques années il devient président de la « Fwanse », il pensera à moi comme Ministre. Bon je sais, je sais, il y a beaucoup de si dans mon calcul, mais sur le papier ça tenait la route… Je t'assure petit Papa Noël.</p> <p class="spip">Eh bien, tu ne vas jamais imaginer ce qui s'est passé… Ce cher Bertrand a perdu ces funestes élections, mais pire !!! Devine qui est arrivé en tête ? Ségo !!! Oui, oui, celle-là même que j'ai refusé de soutenir. Je dois avoir la poisse…</p> <p class="spip">Alors en fin stratège, pour le second tour j'ai encore fait volt-face et j'ai décidé de soutenir Ségo. C'était logique puisqu'elle avait le vent en poupe… Et même si Bertrand demandait à ses électeurs de soutenir Martine, moi je pensais enfin tenir le bon bout. Mais il fallait quand même me faire pardonner mes récentes infidélités, sinon tout ces calculs ne serviraient à rien…</p> <p class="spip">Et là agréable surprise petit Papa Noël, les socialistes guadeloupéens ont été vraiment zélés. Tu sais le fameux soir du vote du 2ème tour (le 22 Novembre), la Guadeloupe aurait pu faire toute la différence. A 4h15 du matin Martine avait 427 voix d'avance, mais à 6h, à l'arrivée des résultats de la Guadeloupe, l'écart s'est brutalement réduit à 42 voix en faveur de Martine…</p> <p class="spip">Tu imagines, à 42 voix près la Guadeloupe aurait pu donner la victoire à Ségo. Pourtant c'est pas faute d'avoir fait tout ce qu'il fallait : la fédération guadeloupéenne s'est mobilisée, ça tu peux le dire ! D'autant que son vote se déroulait 6 heures après celui de la Métropole, l'oreille vissée sur les estimations et approximations des scores de chacune des candidates ! Bref Martine n'a pas manqué de s'en plaindre en présentant un rapport qui dénonçait quelques excès de mobilisation. Le bureau de vote de Morne-à-l'Eau qui avait enregistré 464 votes au premier tour, en a enregistré au second tour, 459 dont... 453 au profit de Ségo. C'est vrai ça fait un peu « vote stalinien » mais bon, c'est la démocratie !… A Capesterre, le PV sorti des urnes aurait comptabilisé 22 votes, alors que celui arrivé à Paris en décomptait miraculeusement 74. Quant à la commune de Baillif, les militants aubrystes se sont plaints que le bureau de vote ait été délocalisé à la dernière minute au domicile d'un partisan de Ségo... (<a href="http://www.lejdd.fr/cmc//politique/200847/ps-accusations-mutuelles-de-fraude_167195.html" class="spip_out">infos révélées par le Journal du Dimanche</a> ).</p> <p class="spip">Haaaa… Petit Papa Noël, On a dû me faire un « coup de dawa »… Je me suis trompé sur toute la ligne. Je suis désemparé… Et là je te raconte pas le parcours du combattant pour faire oublier à la nouvelle patronne du PS ce coup du sort…</p> <p class="spip">Alors tu vois, même si j'ai enchainé mauvais choix stratégiques sur concessions de mauvais augure, je n'ai pas démérité, tout de même. Je compte sur toi pour m'apporter mon cadeau tant attendu. Je t'implore de trouver une solution pour me permettre de sortir de cette disgrâce annoncée.</p> <p class="spip">Mais surtout, mon Papa Noël prends bien soin de te couvrir car tu vas avoir si froid dans le dos, en voyant tout ce que l'on est capable de faire pour atteindre ses rêves.</p> 2008-12-01T19:02:00Z text/html fr Agatha Gassé Chlordécone, ma molécule chérie, donne-moi de tes nouvelles http://www.lemikadechaine.com/Chlordecone-ma-molecule-cherie.html <p class="spip">Récemment, le XX novembre, le France-Antilles a brisé ce lourd silence qui t'enrobe en titrant un de ses articles « Chlordécone : trois élevages de OUASSOUS CONTAMINES ». J'ai cru m'évanouir, ils informaient en essayant de faire peur aux autres. Mais moi, je sais que tu as toujours été là, en bonne quantité, dans les « kribich » comme dans mon cœur.</p> <p class="spip">L'Europe a exaucé mes vœux en baissant la limite réglementaire en 2007. Je suis un peu jaloux, je suis persuadé que des Européens te chérissent autant que moi. Sinon pourquoi auraient-ils demandé une telle baisse : diminuer de 10 fois ta teneur dans les crevettes ! Je ne comptais plus sur les autorités françaises, elles disaient : « l'ancienne réglementation a toujours garanti la protection du Guadeloupéen étant donné que les valeurs limites maximales ne sont jamais atteintes » Mais je n'en ai cure et d'ailleurs je sais que tu es là, dans ces crevettes d'élevage comme dans celles des eaux que tu inondes de ta présence : dans la rivière aux herbes, la rivière Grande anse et la Grande rivière de Capesterre.</p> <p class="spip">L'eau qui coule dans leur robinet est passée sur filtres à charbon actif mais l'eau qui alimente les bassins d'élevage de ces endroits ne l'est pas.</p> <p class="spip">Et d'ailleurs, j'ai trouvé des preuves : le rapport Kermarrec de 1980 appuyé par une étude de 2003 du laboratoire de biologie marine de l'UAG. Ils mentionnent bien une accumulation d'organochloré dans les crevettes en embouchures de rivière, dans la baie du Grand cul-de-sac marin.</p> <p class="spip">Il se peut que ces résultats aient conduit le préfet à interdire la pêche et la commercialisation du produit des pêches des rivières situées sur les communes de Capesterre-belle-eau, Trois rivières, Vieux-Fort, Basse-Terre, Saint-Claude, Gourbeyre, Baillif et Vieux-habitants. Mais combien de personnes respectent ce qui est écrit sur ce papier ? Certainement pas moi. Sûrement pas ceux qui comme moi pensent qu'ils fatiguent le monde avec leur interdiction. Pas de pêche, pas de chasse… Tu ne pourrais pas les faire disparaître tous ces gens qui veulent m'empêcher de jouir de toi, des mes rivières, de mes terres ? Ah !! Et ils ne savent pas combien sont juteuses, savoureuses, goûteuses nos « kribich » ; rien à voir avec ces Macrobrachium d'élevage du monde entier. Je ne veux même pas en entendre parler, qui sait ce qu'elles cachent en elles. Moi, je veux te rester fidèle, à toi Chlory !!</p> <p class="spip">De toutes façons, le préfet et ses amis doivent se tenir à carreau sinon la chevrette et ses éleveurs vont en pâtir. Cette petite bête est la principale espèce aquacole élevée en Guadeloupe. Elle représente 75% du tonnage et 90% du chiffre d'affaires généré par l'aquaculture. C'est une filière d'avenir face à nos habitudes alimentaires. La consommation de « produits de la mer » est évaluée à 16 000T/ an, environ 35 kg/hab, dont 6000T sont importées au prix de 22.4M€.</p> <p class="spip">Alors tu as de l'avenir aussi ! Je dirais même plus, tu es parmi nous pour des siècles et des siècles. Tu le sais sûrement, il y a un plan pour toi : « le plan chlordécone 2008-2010 ».</p> <p class="spip">Ils prévoient de réaliser 170 analyses des produits de la pêche et de l'aquaculture en 2008. Ils ont prévu de l'argent du FEP (fonds européen pour la pêche) pour déterminer des moyens de maintenir les élevages sur sites (cinétique des sources de pollution, possibilités de traitement de l'eau...) et des soutiens à l'investissement, en cas de changement de sites, ou à la reconversion. Ils vont essayer de te maîtriser, de faire semblant de te persécuter.</p> <p class="spip">Ils vont te chercher, te rechercher pour mon plus grand bonheur d'entendre parler de toi et, j'espère, de tes effets sur moi. Tu sais, la puce, je pêche et je cultive aussi, comme les autres. Je ne vais pas acheter tout ce que je mange au supermarché quand même ! Je n'ai pas assez de sous pour cela. Alors j'espère que les responsables du programme JAFA (jardin familiaux) vont venir me voir. Je pourrais enfin partager ma passion pour toi avec d'autres.</p> <p class="spip">Ce programme vise la réduction de l'exposition au chlordécone liée à la consommation de légumes-racines provenant de jardins familiaux. Un million d'euros sera consacré à cette action. Un million d'euros sur les 33M€ du plan. Est-ce suffisant pour qu'il soit enfin possible de créer un espace d'adoration et de partage consacré à notre symbiose ? En cette fin d'année 2008, j'attendais tellement les résultats des recherches Karuprostate ! J'ai aussi espéré que la DSDS soit conciliante, qu'elle comprenne que j'ai besoin qu'elle m'en dise plus. J'ai besoin que ces petits 103 500€ qui lui sont alloués dans ce plan se métamorphosent en cette compagne de communication.</p> <p class="spip">J'attendais, j'ai attendu, j'attends et j'attendrai encore. En tous les cas, en cette fin d'année 2008, Nwel ja la ! Les « ziyanm blan » qui accompagnent ma viande de cochon roussie succéderont aux « kakadò » de l'entrée et je penserai à toi, Chlory. Toi, ma petite molécule culturellement intégrée.</p> 2008-12-01T18:59:00Z text/html fr Moz Carnet de voyage d'une guadeloupéenne au Japon ! http://www.lemikadechaine.com/Carnet-de-voyage-d-une.html <p class="spip"><span class='spip_document_115 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:183px;'> <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/jap.jpg' width="183" height="136" alt="" /></span> Je voulais de l'aventure. À Tokyo, mégapole de 12 millions d'habitants, je pensais que j'aurais été prise dans un rythme trépidant qui trancherait radicalement avec la tranquillité d'une région montagneuse comme Nikko. Très vite j'ai compris que j'étais dans l'erreur et que même si certains quartiers de Tokyo ressemblent à la ville du XXIIe siècle, même si à la gare de Shinjuku transitent chaque jour près d'un million de personnes, l'aventure n'était pourtant pas dans ces contrastes. De la ville à la montagne le Japon m'a finalement semblé être un pays très homogène. Et la vraie aventure a été de constater le bouleversement que ce pays provoquait en moi. Je débarquais dans un monde inconnu qui avait la capacité de brouiller tous les codes et tous les repères du voyageur venu de loin et qui plus est de la Caraïbe. J'étais à l'Est. Le japon m'a plongé dans un univers où je me sentais sans défense et paradoxalement apaisée.</p> <p class="spip">Bien plus qu'avec quelques verres de saké, j'ai été enivrée par la langue, la cuisine, la culture, le rapport à l'autre, cet inconditionnel sens du devoir que le japonais cultive, ce perfectionnisme insatiable qui dicte chaque étape de sa vie. J'ai aussi ressenti l'importance donnée à l'ordre, à la hiérarchie, au Temps, au Silence. Moi, issue d'un peuple de l'urgence et de l'immédiat qui s'est construit dans le giron de lendemains incertains, j'ai tenté, au cours de ce voyage d'ajuster ma notion du temps à la leur afin de mieux comprendre le pays.</p> <p class="spip">Le silence ou plutôt la quiétude s'est imposée d'elle-même et m'a fait devenir le temps d'un voyage actrice du théâtre Nô car au Japon, cette quiétude est vénérée et on la retrouve dans le métro ultra-moderne de Tokyo où les portables doivent être mis sous silencieux, dans les rues grouillantes où les voitures ont été conçues pour faire le minimum de bruit possible ou encore dans les gestes minutieux des travailleurs. La quiétude atteint son paroxysme dans les magnifiques temples bouddhistes et shintoïstes qui marquent de leurs empreintes spirituelles les paysages urbains les plus modernes.</p> <p class="spip">Mais, quand ce calme devient angoissant, quand le poids de la hiérarchie se fait trop lourd, quand la perfection prend à la gorge alors les japonais tentent de s'évader sous les néons criards des pachinko, de grandes salles abritant d'immenses flippers ultra bruyants. Ils chantent à tue-tête dans les karaoké aidés par le saké. Et quand ils le peuvent encore, ils profitent au maximum, de cette tranche de vie calée entre le lycée et les années étudiantes pendant laquelle il leur est permis toutes les extravagances vestimentaires même les plus extrêmes . Ensuite ils auront à faire leur entrée « officielle » dans la « vraie vie ».</p> <p class="spip">Une vie dévouée à l'entreprise où, comme m'explique mon amie Aya, la femme a encore bien souvent une place subalterne. C'est ainsi qu' aujourd'hui encore, même bardée de diplômes, dès qu'elle a des enfants (en général un ou deux maximum), sous les encouragements de son mari et de la famille elle prend un temps partiel ou arrête tout bonnement de travailler. Elle s'occupe alors de son foyer qui, en raison des prix exorbitants des loyers se retrouve souvent enfermé dans un habitat minuscule. Mais au pays de la perfection chaque mètre carré d'un appartement a son utilité et l'agencement zen donne un sens à toute chose.</p> <p class="spip">J'ai compris que le Japon était à la fois un pays ultra-moderne et en même temps ultra-traditionnel sans pour autant que cela ne relève de la schizophrénie. Modernité et tradition ont fait corps. Pour un étranger c'est un concept qu'il est difficile de saisir. Tout comme il est difficile de comprendre que, là-bas, la perfection se révèle également dans la manière d'orchestrer sa mort. Dans un pays qui enregistre un des plus forts taux de suicide au monde, la mort volontaire est geste de bravoure et d' honneur hérité des Samouraïs. À quoi bon vivre, quand on a perdu son honneur, quand sa dignité a été bafouée ?</p> <p class="spip">On peut comprendre que la nouvelle génération ait du mal à accepter toutes les composantes de cet héritage ancestral. Ce pays vous surprendra jusqu'au bout. Et je vous invite, cher ami du Mika, à aller un jour voir de vous-même. N'ayez crainte, je vous assure que vous serez reçu comme un prince parce que même si ce peuple s'est volontairement coupé pendant plusieurs siècles du reste du monde, il possède un sens inouï de l'hospitalité qui tend (bien évidemment) vers la perfection. Je vous garantis un séjour riche en émotions, en fous rire, en questionnements, en incompréhensions, en sérénité et en magie !</p> 2008-12-01T18:47:00Z text/html fr Makoua Nos rumeurs http://www.lemikadechaine.com/Nos-rumeurs.html <p class="spip">La politique, réduite à sa simple mais efficace communication, passe par des rumeurs populaires ou impopulaires pour tester la réceptivité et la réactivité de l'opinion publique. C'est drôle, parfois tragique mais nos rumeurs sont constitutives de notre culture, de nos croyances lorsque celles-ci laissent des traces, elles-mêmes distributrices de sens. Parmi les rumeurs à la mode il y a celle selon laquelle le Président Sarkozy est devenu un farouche keynésien.</p> <p class="spip">En effet, la méthode économique qui consiste à relancer la croissance par des investissements lourds, financés par l'Etat (dont les caisses sont vides, n'est ce pas ?...), afin de réaliser des « grands projets », relève en apparence des procédés keynésiens. En amont, toujours dans le même style élyséen, on nous vend un Président qui veut tempérer notre capitalisme sauvage, qui me semble à moi, pourtant indomptable dans le cadre d'une mondialisation libérale.</p> <p class="spip">Tout ceci n'est que rumeurs, c'est du bruit pour camoufler d'autres bruits plus criants d'urgence et de vérités.</p> <p class="spip">Les Maitres en intelligence économique, (belle expression pour évoquer l'espionnage industriel mais en version plus acceptable moralement) savent que les rumeurs sont des moyens de manipuler l'adversaire pour parvenir à ses fins. On imagine que les Maitres en intelligence politique en font de même, notamment par les techniques de propagandes. Et là je songe à Noam Chomsky qui fait l'objet d'une diabolisation systématique aux Etats-Unis et d'un boycott intellectuel en France, alors qu'il s'évertue de dénoncer précisément et publiquement : l'usage des rumeurs politiques, le rôle complaisant des médias, les techniques de propagande, la diabolisation d'une idée ou d'un individu, le boycott intellectuel exercé sur certains etc...</p> <p class="spip">Certes, la liberté de comprendre à un coût, y compris dans nos démocraties, qui ne sont pas très promptes à payer l'addition. Oui, il y a des « choses » pas nettes qui se passent dans ce monde. Oui, il y a comme quelque chose qui cloche dans notre société. Oui, c'est vrai, au Mika il y a une espèce de malaise communément ressenti face à certaines rumeurs. Parfois on les expose, parfois on les fouille, et souvent on les transforme sous un format informationnel, n'est-ce pas ?... Ces rumeurs, les plus gênantes, sont denses, résistantes, désagréables car elles déforment la réalité ou donnent un avant-goût de la vérité qu'on n'a trop envie de gouter dans le fond…</p> <p class="spip">Imaginons que quelques unes de ces rumeurs soient véridiques (dans le désordre) : qu'en hauts lieux on nous prend pour des cons, que les OGM ne sont pas créés pour résoudre la faim dans le monde, que la Guadeloupe est le département le plus violent de France, que nos hommes politiques sont tous pourris sur le plan éthique, que le président de la SIG serait coupable d'irrégularités intolérables, que la science économique est une fausse science mais une vraie arnaque pour les peuples, que Dieudonné est victime d'un énième complot, que la crise de 29 est une opération montée de toute pièce pour instaurer un nouveau plan économique mondial, que l'homme est d'abord un être spirituel qui quête le bonheur et non pas un individu-consommateur en quête de plaisirs… Bref, stop ya assez là...</p> <p class="spip">Aux Antilles, comme ailleurs, on mélange rumeurs médisantes, rumeurs rurales, rumeurs de grands macos, rumeurs politiques, rumeurs médiatiques, et rumeurs qui nous arrangent nous, en notre for et faible intérieur.</p> <p class="spip">Ernest Pépin conseillait : « Marche dans la rosée de la vie d'un pas ferme et si tu sais écouter, tu entendras d'autres pas qui t'accompagnent ». Oui, certes, c'est juste et beau, seulement ces pas qui nous accompagnent suivent parfois le rythme mélodieux de la flute enchantée ou celui du pipo…</p> <p class="spip">Savoir écouter est un art qui consiste d'abord à s'entendre avec soi-même, pour reconnaître une voix d'un bruit, d'un fond de vérité d'une rumeur.</p> <p class="spip">Les rumeurs, nous devons les utiliser comme motivation supplémentaire, pour nous offrir des invitations mutuelles à approcher la vérité, toujours un peu plus. Ce numéro est une grande carte d'invitation, saisissez l'occasion, et bonne quête…</p> 2008-12-01T18:41:00Z text/html fr Gladys Démocrite La guerre au Congo vue de l'intérieur http://www.lemikadechaine.com/La-guerre-au-Congo-vue-de-l.html <p class="spip"><span class='spip_document_114 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lemikadechaine.com/IMG/jpg/victor.jpg' width="177" height="153" alt="Victor" title="Victor" /></span></p> <p class="spip">Mais au Congo, les fonctionnaires ne sont pas payés et les places sont rares. Il est donc devenu paysan. Pas tout à fait comme les autres, cependant, puisqu'il a « ses résistances » : il est membre de Via Campesina (un peu comme l'UPG en Guadeloupe) et se bat donc pour dénoncer le pillage de son pays, pour la réappropriation des terres par les paysans et pour faire connaître la situation dramatique du Congo, où presque tout le monde vit avec moins d'un dollar par jour et où seulement 2% des gens sont salariés.</p> <p class="spip">Pourtant ce pays a tout pour vivre. Du point de vue de l'économiste, il pourrait même prétendre à faire partie des grandes puissances : un territoire grand comme l'Europe de l'Ouest, aux forêts luxuriantes et an sous-sol richissime en matières premières. Les Belges, qui ont colonisé le Congo jusqu'en 1960, l'ont même qualifié de « scandale géologique » : ces nègres étaient assis sur de l'or, du fer, du cuivre, du cobalt, du pétrole, des diamants, du gaz, et n'en faisaient rien. Depuis on a aussi extirpé du Congo l'uranium qui aurait servi aux bombes atomiques d'Hiroshima et Nagasaki. Plus récemment, la cupidité des pays développés s'est tournée vers le Coltan. Ce minerai est indispensable à la fabrication des puces de téléphones portables et autres Playstation (retardée en 2000 par manque de coltan, pour le plus grand malheur des joueurs).</p> <p class="spip">De tout temps, le peuple du Congo a payé un très lourd tribut à l'avidité des grandes puissances. Il a d'abord été saigné par le commerce esclavagiste. Puis il a connu les massacres de grande ampleur et la domination propres aux « aspects positifs » de la colonisation belge. Et aujourd'hui, alors que ce passé n'a laissé qu'environ 60 millions d'habitants à cet immense territoire, une guerre y fait rage, depuis plus de dix ans. Le conflit avait fait 3,7 millions de morts en 2003 d'après l'ONU. Aujourd'hui, le bilan dépasse les 5 millions. Il faut remonter à la seconde guerre mondiale pour trouver de tels chiffres...</p> <p class="spip">Ce qui a changé, ces deux derniers mois, c'est qu'on en parle dans les médias. En France, on essaye de trouver un méchant dans cette histoire où il n'y a pas de gentils. Et le méchant serait donc Laurent Nkunda. D'après Victor, c'est vrai qu'il est soutenu par le Rwanda et c'est vrai que le Rwanda a pu ainsi extraire clandestinement de grandes quantités des différents minerais dont regorge le Kivu, région frontalière. Mais, en France, on « oublie » de relever deux choses.</p> <p class="spip">Tout d'abord, les rebelles de Nkunda, s'opposent à l'armée régulière Congolaise, mais aussi à des groupes armés. On sait que plusieurs de ces groupes sont ainsi d'anciens interhamwes, milices du Hutu Power qui ont commis le génocide en 1994, soit environ 6000 et 10.000 militaires. L'opération Turquoise de la France avait alors servi avant tout à protéger la fuite de ces génocidaires, mélés aux civils, vers le Congo. Le gouvernement de Kinshasa, la capitale du pays, a promis au Rwanda de les pourchasser mais n'en a jamais rien fait. Victor explique que Mobutu, l'ancien dictateur, s'est plutôt servi de ces milices à des fins de politique intérieure et aujourd'hui, Kabila, pas plus humaniste, fait de même. Une histoire sur laquelle les pouvoirs français ne veulent pas trop s'appesantir...</p> <h3 class="spip">Un pillage permanent</h3> <p class="spip">Mais comme dans tout crime, il faut surtout savoir à qui il profite. On aura beau pointer les ingérences des différents pays voisins, il n'en reste pas moins que le coltan et autres minerais qu'ils volent au Congo est transformé et vendu par les grandes puissances. Comme le relève un représentant du CADTM (Comité pour l'Abolition de la Dette du Tiers-Monde), un Congo déstabilisé est tout à fait dans l'intérêt des grandes multinationales. Un état uni et fort aurait tendance à vouloir renégocier les contrats, fort avantageux, passés avec Mobutu.</p> <p class="spip">Ainsi, Victor exhibe le Code Minier qui régit les conditions d'exploitation du sous-sol congolais. Il prévoit que seuls 3 à 4% de la valeur du minerai doivent être payés à l'état congolais. Ainsi, actuellement, 320 entreprises étrangères exploitent le sous-sol du pays et ne rapportent au budget de l'état que 10 millions de dollars. Ces entreprises détiennent ainsi, dans le cadre de contrats de 30 à 50 ans, 33% du territoire. Si on y ajoute les 22% détenus de la même manière pour l'exploitation forestière (détruisant au passage le milieu naturel et l'habitat des populations pygmées), on comprend que le mot pillage n'est pas assez fort pour décrire ce que subit le Congo. Et en échange de quoi ?</p> <p class="spip">Ce code a été imposé par le FMI et la Banque Mondiale au Congo en échange de prêts pour des projets aussi coûteux qu'inutiles. Victor cite ainsi le cas du barrage d'Inga et d'une ligne à haute tension financés pour alimenter en électricité une mine de cuivre. Or quand le prêt a été accordé, l'usine était déjà en faillite... Aujourd'hui, l'usine est fermée, le barrage et la ligne ont été construits (par des mutlinationales), les habitants qui vivent sur son passage n'ont pas d'électricité. On parle, après Inga 1 et 2, de construire Inga 3, encore plus pharaonique. La dette de 2 milliards de dollars ainsi contractée avec les institutions financières internationales s'est transformée en 14 milliards par le jeu des interêts exhorbitants (de 15 à 20% environ).</p> <p class="spip">Il faut comparer tous ces chiffres aux 4 milliards qui composent le budget annuel de l'Etat, à la tête d'une population aussi nombreuse que celle de la France. Le cercle vicieux d'un état affaibli par les guerres, corrompu, qui accepte sans broncher des pillages contractualisés, qui l'affaiblissent encore plus, puisqu'ils ne lui rapportent rien, est bouclé.</p> <h3 class="spip">Les congolais en payent le prix tous les jours</h3> <p class="spip">Evidemment, les conséquences directes, c'est la population congolaise qui les paye et non ses dirigeants. Victor décrit ainsi la pollution générée par les différentes exploitations des entreprises occidentales, la difficulté de se nourrir, la prostitution quasi systématique des femmes pour accéder aux produits les plus basiques (comme les serviettes hygiéniques).</p> <p class="spip">Il existe bien de nombreux mouvements de résistances, dont Victor Nzuzi fait partie. Mais la répression de ces mouvements est rude. En début d'année, un groupe de paysans du Bas-Congo s'oppose à l'Eglise Catholique, dont certains membres locaux confisquent parfois les terres agricoles et se livrent à des abus sexuels sur des mineures. La police et l'armée de Kabila, formées par des policiers de l'Union Européenne, interviennent violemment, en tuant plusieurs centaines de personnes. Victor, témoin du début de cette répression, sait bien quels sont les risques de son engagement militant. Comme il le dit, « comme il parle beaucoup », il se pourrait bien un jour qu'on le fasse disparaître.</p> <p class="spip">Mais paradoxalement, sa parole est porteuse d'espoir. Conscient de sa dangereuse notoriété, il insiste sur les nombreuses autres personnes qui résistent et prennent, d'après lui, encore plus de risques. On sent dans son témoignage la présence d'un mouvement de libération déterminé au Congo. Nous ne pouvons qu'être interpellés par cette réalité, d'où notre essence et nos téléphones portables sont issus. « Aider le Congo » ce ne saurait être envoyer du riz et des Bernard Kouchner, ce serait plutôt remettre en cause nos modes de vie, le soutien que nos dirigeants accordent aux différents dictateurs, reconnaître que nos grandes entreprises qui ne font « que du business » là-bas sont les premières responsables et en tirer toutes les conséquences.</p> 2008-12-01T18:39:00Z text/html fr Mathieu Lopes